Que veut le Président Ghazwani?

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Nous avons besoin de savoir pour notre président. Voilà un homme que j’aime bien, d’ailleurs que personne ne peut détester ex nihilo. J’ai connu cet officier au milieu des années « 80 » et depuis j’ai remarqué qu’il ne tourne jamais le dos à ses vieilles connaissances, même au sommet de la gloire, contrairement à beaucoup de ses compatriotes militaires arrivistes, malheureusement de haut rang. Le jour où il a été élu en 2019, je me suis dis que la Mauritanie a enfin eu à sa tête un président de la république éduqué, de bonne moralité, juste, affable, mesuré…et que tous les projets seront traités raisonnablement, jusqu’à satisfaction totale du peuple souverain. Certes Ghazwani a hérité d’un conflit de succession entretenu par son prédécesseur, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce qui a plombé les réalisations de son premier mandat 2019- 2024 et orienté le choix des gouvernements successifs du premier mandat. Cependant ceux qui jouaient la carte de Ould Abdel Aziz et sa possibilité de nuisance, doivent remettre leurs sabres aux fourreaux. Aziz n’est plus dans un état de nuire. Il n’a plus le matériau qu’il faut pour rebondir, à savoir les institutions publiques ( Armée, police, Garde Nationale, Gendarmerie, Banque centrale, Trésor, Budget). A le voir sorti de prison, il ne dépensera aucun sou, même pas pour confectionner une banderole de publicité à l’avantage de son « parti », à plus forte raison organiser un meeting politique car il y aura depense d’argent en deça et au-delà. Pas touche, je connais l’homme dans toute sa profondeur psychologique et surtout ne dites pas que je tire sur une ambulance. Je crache tout simplement la vérité crue.

   Le quinquennat de 2024-2029 devrait être pour Ould Ghazwani, dès l’entame, un boulevard à échafauder ses plans, à dresser une charpente qui permette d’élaborer, voire de tisser les différentes structures une à une, strate par strate… jusqu’à la modification de la constitution…si possibilité il y’a. Et si également il y’a volonté de la modifier. Mais malheureusement Ghazwani a pris le chemin le plus alambiqué, poreux à la politique politicienne, aux palabres sous la tente. C’est une méthode désuète, on est au temps du Trumpisme, autrement du pragmatisme sans pincettes. La philosophie du soufisme ésotérique est révolue.

   Ne mettons pas les charrues devant les bœufs, ne connaissant pas encore ce que veut décider notre président. Ghazwani aspire-t-il à un troisième mandat? Si oui, pourquoi a -t- il pris le plus mauvais chemin pour cela, à savoir un dialogue interminable dont l’issue est connue d’avance ? Aujourd’hui la question que tout citoyen lambda se pose est la suivante : si Ghazwani avait en tête des intentions aussi difficilement réalisables, mais possibles, pourquoi n’a-t-il pas travaillé munitieusement pour ça, au lieu de réunir un panel de politiciens, le plus souvent incompétents ou véreux ?

 A/ Il n’est jamais trop tard

 Dans la vie, chaque chose a un prix. Là il faut prouver à la société mauritanienne que le changement est une option, et non un caprice du prince. Pour solliciter un troisième mandat auprès de son peuple meurtri par les difficultés de la vie, il fallait changer de politique dès l’entame du second mandat. Un nouveau premier ministre était d’abord la condition sine qua non, un gouvernement de gens sérieux, patriotes « clean », pourquoi pas un gouvernement d’union nationale avec tous les extrêmes tels Samba Thiam, Biram Dah Abeid ou le professeur polyglotte Ely Ould Sneibe? Ensuite il faut procéder à la réhabilitation des municipalités, leur donner tous leurs droits à éduquer nos enfants, de la petite enfance à l’adolescence. Le maire est le premier citoyen d’une localité, pas le préfet qui n’est là que pour faire régner l’ordre et sécuriser la population. Tout ce qui est social concerne les mairies. Faire émerger des magistrats de proximité destinés à faire la chasse au crime et à la délinquance économiques. Tout celui qui détourne irait en prison. Il faut des lanceurs d’alerte et exiger également leur protection juridique. Un état de droit à bâtir, demande de lourds sacrifices. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Si Ghazwani procéde à ces aménagements dès cette année, c’est le peuple qui sortira dans la rue dès 2028 pour réclamer son maintien au pouvoir après 2029. Parce que la démocratie, c’est la volonté du peuple souverain. Il y a d’autres propositions qu’on peut suggérer ultérieurement. Encore faut-il que le pouvoir prenne d’abord en considération celles ci-dessus mentionnées.  

  Il n’y a pas de secret à être aimé de son peuple, c’est être juste à son égard, lui procurer le bonheur, susciter le progrès, ménager le panier de la ménagère, juguler la mal gouvernance. Maawiya est au Qatar depuis 2005, aucun de ses frères n’est parti s’exiler avec lui. Aziz depuis 2019 a perdu le soutien de sa propre famille nucléaire, seuls deux ou trois inconditionnels, qui d’ailleurs n’ont probablement jamais profité de son pouvoir, le soutiennent encore. Les frères de presidents ont leurs enfants leurs épouses, donc il ne faut jamais compter sur leur soutien en période difficile, donc ne jamais céder à leurs caprices car ils ont leur propre agenda. Il y a une seule entité qui ne trahit jamais, c’est le peuple souverain quand on lui fait du bien. J’aime bien Ghazwani donc je lui dois la vérité.

   Puisque Ghazwani coche toutes les cases du bon président, aussi rien ne devrait l’empêcher d’atteindre ses desseins.. Parfois j’observe la scène politique mauritanienne, avec un président foncièrement éduqué, ne voulant faire de mal à personne, aimant tout le monde mais cerné par beaucoup de « collaborateurs », pas tous à la hauteur de leurs tâches et je me dis: quel gâchis pour notre pays !!! Je réfute l’idée que Ould Ghazwani soit comme la majorité des commis maures de l’Etat , c’est à dire tous dépourvus de la profondeur stratégique pour exercer une fonction régalienne. L’impératif catégorique moral du philosophe allemand Emmanuel Kant s’impose : tu dois donc tu peux monsieur le président. /.

 

 ELY SIDAHMED KROMBELE, NOUAKCHOTT, MAURITANIE.

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