Le débat sur l’avenir institutionnel de la Mauritanie commence à réveiller les inquiétudes de l’opposition. Réuni en session ordinaire, le bureau exécutif de l’Union des forces du progrès (UFP) a sévèrement mis en garde contre ce qu’il décrit comme un rétrécissement de l’espace des libertés publiques.
Dans le viseur du parti : le recours croissant à la justice contre des personnalités ou des voix qui mettent en cause des pratiques qu’elles jugent abusives. Pour l’UFP, cette tendance pourrait transformer l’appareil judiciaire en instrument de dissuasion et porter atteinte à la liberté d’expression.
Mais c’est surtout la question du troisième mandat qui cristallise les inquiétudes. Le parti s’est élevé contre les appels à une modification de la Constitution permettant au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de briguer un nouveau mandat. Une campagne que l’UFP considère comme potentiellement déstabilisatrice et susceptible d’influencer le prochain dialogue politique.
Le parti redoute notamment que cette question ne vienne parasiter une concertation appelée à aborder les principales préoccupations politiques et institutionnelles du pays. Derrière le débat constitutionnel se joue donc déjà, en filigrane, la définition des prochaines lignes rouges du paysage politique mauritanien.
Sur le front interne, l’UFP prépare également sa propre échéance. Son bureau exécutif a décidé de convoquer le congrès du parti après le prochain mois de Ramadan. Une session extraordinaire, prévue à la fin de décembre, doit auparavant arrêter les modalités et préparer cette rencontre.
À Nouakchott, le parti entend ainsi se remettre en ordre de bataille au moment où les débats sur les libertés, le dialogue politique et l’avenir institutionnel du pays pourraient prendre une nouvelle dimension.
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