L’Algérie a réagi samedi 31 octobre à l’expiration du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Dans un communiqué, son ministère des Affaires étrangères exprime de « profonds regrets » et attribue l’échec au projet de résolution présenté par Washington.
Pour Alger, le texte américain était marqué par une « excessive partialité » en faveur du Maroc, au détriment du Front Polisario. Le communiqué estime que ce parti pris rendait l’issue du vote prévisible. Il ne mentionne pas le veto russe qui a fait tomber le texte.
Les griefs d’Alger
La diplomatie algérienne reproche au projet d’avoir retenu le plan d’autonomie marocain comme seule base de négociation. Elle juge « préoccupante » la suppression du « R » de référendum dans le nom de la mission. Elle affirme aussi que le texte privait le Polisario de la possibilité de présenter ses propres propositions, contrairement à la résolution 2797 d’octobre 2025.
Alger dénonce enfin un glissement du dossier d’une question de décolonisation vers une question humanitaire. Selon le communiqué, le ministre Ahmed Attaf avait écrit aux membres du Conseil de sécurité avant le vote pour les mettre en garde.
L’ESSENTIEL
- Projet américain : 11 voix pour, bloqué par le veto russe
- Contre-projet russe : 3 voix pour seulement
- Mandat de la MINURSO échu le 31 octobre, sans renouvellement
Le texte américain prévoyait de prolonger la mission jusqu’au 31 octobre 2027. Après son rejet vendredi, la version concurrente de Moscou, qui proposait une reconduction sans changement, n’a pas obtenu la majorité requise. Le Polisario a, de son côté, remercié la Russie.
À Rabat, le Cabinet royal a pris acte dès vendredi soir de la fin du mandat et réclamé le départ des Casques bleus « dans les prochains jours ». Déployée depuis 1991, la MINURSO surveillait le cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario.
Alger réaffirme son attachement à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable » fondée sur l’autodétermination. Le sort du personnel de la mission sur le terrain reste à préciser par le Secrétariat de l’ONU.
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