Quelques heures après l’échec du Conseil de sécurité à renouveler le mandat de la MINURSO, vendredi 30 octobre, le Cabinet royal marocain a annoncé que la présence de la mission onusienne dans les provinces du Sud « devrait prendre fin dans les prochains jours », personnel, véhicules et matériel compris. Rabat demande aussi que le dossier du Sahara soit retiré de l’ordre du jour du Conseil.
Dans son communiqué, diffusé par l’agence MAP le jour de la Fête de l’Unité, le Palais parle d’« un pas significatif vers la clôture définitive du dossier » aux Nations unies et d’une « page de 35 ans » qui se tourne. Il réclame la fin des réunions périodiques du Conseil, des rapports du secrétaire général et des exposés de l’envoyé personnel, Staffan de Mistura.
Le texte présente le processus politique onusien comme « suspendu », en raison, selon Rabat, du blocage des autres parties. Il annonce des démarches similaires auprès d’autres organes de l’ONU. Le Maroc se dit toutefois toujours attaché au cessez-le-feu.
L’ESSENTIEL
- Projet américain : 11 voix pour, 1 contre (Russie, veto), 3 abstentions
- Texte russe concurrent bloqué par les États-Unis
- Mandat de la MINURSO, créée en 1991, expirant le 31 octobre
Double veto à New York
Le projet américain prolongeait la mission jusqu’au 31 octobre 2027, la rebaptisait MINUSO et faisait du plan d’autonomie marocain la seule base des négociations. Moscou s’y est opposé. Le texte russe, qui proposait une reconduction d’un an sans changement, a ensuite été rejeté par Washington, selon l’ONG Western Sahara Resource Watch.
L’ambassadeur américain Mike Waltz a justifié la ligne de Washington en refusant de renouveler les mandats « année après année, décennie après décennie ». « Nous devons essayer quelque chose de nouveau », a-t-il déclaré, appelant à protéger le personnel de l’ONU pendant la transition.
Créée pour organiser un référendum d’autodétermination jamais tenu, la MINURSO surveillait le cessez-le-feu et le déminage. Sans mandat, la base juridique de ces activités devient incertaine. Le Front Polisario, qui avait menacé la semaine dernière de quitter le processus de paix si le texte américain passait en l’état, n’avait pas encore réagi vendredi soir.
Le Conseil de sécurité peut encore adopter une prolongation technique avant l’expiration du mandat, samedi à minuit.
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