Pegasus : cinq ans après, de nouvelles révélations ravivent le dossier explosif des écoutes attribuées au Maroc
L’affaire semblait s’être estompée sous le poids des procédures judiciaires inachevées et du silence des États. Pourtant, cinq ans après les premières révélations sur le logiciel espion Pegasus, une nouvelle enquête vient relancer l’un des plus grands scandales de surveillance numérique de la dernière décennie. Cette fois, ce ne sont plus seulement des analyses techniques qui alimentent les soupçons, mais également des témoignages provenant de l’intérieur même de l’appareil sécuritaire marocain.
Publiée ce jeudi par « Le Monde », en partenariat avec le consortium d’investigation « Forbidden Stories », cette enquête apporte de nouveaux éléments sur l’utilisation présumée du logiciel israélien « Pegasus », développé par NSO Group. Les journalistes affirment avoir recueilli des preuves documentaires et des témoignages inédits montrant que plusieurs responsables français, des journalistes et des défenseurs des droits humains auraient été placés sous surveillance.
Parmi les personnalités visées figure le président français « Emmanuel Macron », dont le téléphone faisait déjà partie des numéros identifiés lors des premières révélations en 2021. Plusieurs membres du gouvernement français auraient également été ciblés, selon l’enquête.
Depuis l’ouverture de l’information judiciaire en France, les magistrats ont pu confirmer la présence de traces techniques d’intrusion sur certains téléphones analysés. En revanche, l’enquête s’est rapidement heurtée à une impasse diplomatique. L’absence de coopération des autorités marocaines, mais également des acteurs israéliens liés au logiciel Pegasus, a empêché jusqu’à présent les juges français d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.
La nouveauté majeure de cette publication réside toutefois ailleurs. Selon Forbidden Stories, des sources présentées comme issues des services de sécurité marocains décrivent un dispositif de surveillance beaucoup plus vaste que celui révélé jusqu’ici. Pegasus ne constituerait qu’un maillon d’une architecture de renseignement plus globale, intégrant d’autres moyens de collecte d’informations et de surveillance technologique.
Si ces affirmations venaient à être confirmées, elles renforceraient l’idée que les opérations de renseignement numérique ne relevaient pas d’initiatives isolées, mais s’inscrivaient dans une stratégie plus structurée de collecte de renseignements.
Ces nouvelles révélations interviennent dans un contexte où la cybersurveillance est devenue un enjeu géopolitique majeur. Elles rappellent également que, malgré les années écoulées, le dossier Pegasus continue de produire des zones d’ombre et d’alimenter les interrogations sur les limites du renseignement numérique, la responsabilité des États et les mécanismes internationaux de contrôle des technologies d’espionnage.
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