Macky Sall défie Dakar : un retour qui rebat les cartes face à Sonko

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Maky sall

Avant même que son avion ne se pose à Dakar, le retour annoncé de Macky Sall s’impose déjà comme un événement politique majeur. Plus de quinze mois après avoir quitté le pouvoir, l’ancien président sénégalais effectuera, le 17 juillet, une visite éclair dans son pays, officiellement consacrée à sa campagne pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Mais au-delà de l’agenda diplomatique, ce déplacement intervient dans un contexte de recomposition des rapports de force au sommet de l’État sénégalais.

Le retour de Macky Sall à Dakar : une démonstration politique sur fond de bataille pour l’ONU

Dans un communiqué, Macky Sall explique que cette visite s’inscrit dans la série de consultations internationales qu’il mène dans le cadre de sa candidature à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies. L’ancien chef de l’État prévoit de rencontrer le président Bassirou Diomaye Faye avant de quitter le Sénégal dès la fin de leurs échanges, invoquant un calendrier diplomatique particulièrement chargé.

L’ancien président a également adressé ses remerciements aux autorités religieuses et coutumières pour leurs marques de soutien, ainsi qu’aux Sénégalais qui continuent, selon lui, de lui témoigner leur confiance. Il affirme vouloir profiter de ce bref passage à Dakar pour retrouver ses militants et sympathisants afin de leur exprimer sa gratitude.

Une ambition internationale confrontée à des résistances

Macky Sall est engagé dans la course à la succession d’Antonio Guterres, dont le mandat s’achèvera le 31 décembre 2026. Les consultations au sein du Conseil de sécurité de l’ONU doivent s’ouvrir à la fin du mois de juillet afin d’identifier le futur secrétaire général, appelé à entrer en fonction le 1er janvier 2027.

Parmi les personnalités évoquées figurent également le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, l’économiste costaricienne Rebeca Grynspan et l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. Macky Sall demeure, à ce stade, le seul ancien chef d’État africain à s’être officiellement lancé dans cette compétition.

Sa candidature ne bénéficie toutefois pas du soutien officiel de l’Union africaine. En mars dernier, l’organisation continentale a écarté son investiture, plusieurs États membres s’étant opposés à sa désignation. Dans la foulée, la Mission permanente du Sénégal auprès de l’Union africaine a précisé que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye n’avait « à aucun moment » présenté ou soutenu la candidature de son prédécesseur.

Un retour chargé de symboles

Au Sénégal, ce déplacement dépasse largement le cadre d’une simple escale diplomatique. Il intervient alors que les autorités issues de l’alternance poursuivent leur volonté de faire la lumière sur la gestion de l’ancien régime.

Macky Sall continue notamment d’être visé par les accusations formulées par Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, qui l’accuse d’avoir dissimulé près de 7 milliards de dollars de dette publique durant sa présidence. L’ancien chef de l’État a toujours rejeté ces accusations, dénonçant une offensive à caractère politique.

Mais le retour de Macky Sall constitue aussi un rappel des nouvelles réalités institutionnelles. Longtemps principal opposant de l’ancien régime, Ousmane Sonko n’est plus à la tête de l’exécutif et ne dispose pas, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, des prérogatives lui permettant d’engager ou d’ordonner une quelconque procédure contre son ancien adversaire. Les leviers de l’action gouvernementale relèvent désormais du président Bassirou Diomaye Faye, du gouvernement et de l’autorité judiciaire.

Dans ce contexte, le retour sans entrave de l’ancien président apparaît comme un signal politique fort. Entre ses ambitions sur la scène internationale et les tensions persistantes de la vie politique sénégalaise, cette visite éclair illustre autant la volonté de Macky Sall de préserver son statut d’homme d’État que les nouvelles lignes d’équilibre du pouvoir à Dakar.

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