Les autorités judiciaires ont initié des démarches pour suspendre l’immunité parlementaire de la députée Mariam Bint Al Sheikh, suite à des déclarations qualifiées d’« insultes » à l’encontre du président Mohamed Ould Ghazouani. Selon des sources proches du dossier , le ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Ben Bayyah, s’apprêterait à transmettre une requête du parquet à l’Assemblée nationale afin de valider cette procédure.
La décision intervient après la diffusion, il y a deux jours, d’une vidéo montrant la députée comparant le chef de l’État et plusieurs hauts responsables à des « cafards », lors d’une manifestation. Dans son discours, Bint Al Sheikh aurait affirmé que « tout le régime est ainsi », provoquant une vague de condamnations chez les pro-pouvoir.
Ce cas s’inscrit dans un contexte de durcissement judiciaire autour des critiques publiques envers le pouvoir. La veille de l’ouverture de cette procédure, le militant Mohammed Misara Samb, membre du mouvement des droits de l’homme IRA, a été incarcéré pour des motifs similaires. Ces événements relancent le débat sur la lois sur les symboles qui enfreint la liberté d’expression mais aussi l’équilibre entre immunité parlementaire et responsabilité pénale dans le pays.
Les observateurs attendent désormais la réaction du Parlement, qui devra statuer sur la levée d’immunité de la députée, une décision potentiellement lourde de conséquences politiques.
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