Alors que l’administration Trump intensifie sa politique d’expulsions, un rapport exclusif de CNN désigne un pays africain comme la principale destination des vols d’ICE depuis le début de l’année.
Selon une enquête de CNN basée sur les données de l’organisation de défense des droits des immigrants Border Witness, la Mauritanie est devenue, en 2025, la plaque tournante africaine des expulsions américaines. Le pays a en effet accueilli sept vols en provenance des États-Unis, dépassant ainsi tous les autres nations du continent qui n’ont, au maximum, reçu que quatre vols sur la même période.
Cette révélation s’inscrit dans une accélération massive et inédite du programme d’expulsions aériennes de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Depuis le début du mandat du président Trump, plus de 1 000 vols ont décollé vers le monde entier, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. L’objectif affiché de l’administration est clair : expulser jusqu’à un million de migrants par an.
Richmond, plateforme logistique d’une déportation à grande échelle
Le reportage lève le voile sur la mécanique implacable de ces opérations. L’aéroport international de Richmond, en Virginie, est identifié comme l’une des 70 plateformes de rétention utilisées à travers le pays et est devenu un point de départ stratégique. Le processus est rodé : des détenus, transportés dans des camions banalisés, sont embarqués chaque semaine sur des avions affrétés pour l’occasion, loin des regards.
Une politique qui touche le globe entier
L’ampleur du phénomène est mondiale. De janvier 2025 à aujourd’hui, pas moins de 62 pays ont reçu des personnes expulsées des États-Unis. Si près de 90% des expulsés sont renvoyés vers des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le cas de la Mauritanie illustre la diversification et l’internationalisation croissante de cette politique d’immigration musclée, faisant de pays africains des acteurs involontaires d’un vaste dispositif sécuritaire.
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