Les récents événements autour de la frappe visant l’Iran mettent en lumière une réalité souvent dissimulée : même les stratégies militaires les plus élaborées peuvent vaciller face à l’imprévu. Pour le général de division Osama Kabir, ces développements traduisent avant tout une difficulté à anticiper l’ensemble des variables du terrain, obligeant les décideurs à revoir leurs ambitions en cours d’action.
Selon lui, lorsqu’une opération impose de redéfinir ses objectifs en pleine exécution, le commandement entre dans une zone de forte tension stratégique. Ce type de situation réduit considérablement les marges de manœuvre : continuer les opérations signifie risquer l’enlisement, tandis qu’un retrait peut être perçu comme un aveu d’échec. Dans ce contexte, la durée du conflit — qui s’étend déjà sur plusieurs semaines — devient elle-même un facteur de pression.
Cette instabilité stratégique profite inévitablement à la partie adverse. En parvenant à contenir l’offensive, celle-ci consolide non seulement sa position sur le terrain, mais renforce également son image et son moral, deux éléments essentiels dans les conflits prolongés.
Par ailleurs, l’évolution vers une option diplomatique, notamment du côté américain, n’est pas anodine. Elle révèle, selon Kabir, une prise de conscience des limites de la solution militaire. Il met en garde contre les discours triomphalistes précoces, qu’il considère comme contre-productifs : annoncer une victoire sans résultats tangibles risque d’alimenter les erreurs et de brouiller la lecture stratégique globale.
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