Fraude, usage de faux et politisation du Fonds presse : Ould Meddou accusé d’avoir imposé une présidente de parti au sein d’commission d’aide à la presse

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Fraude, usage de faux et politisation du Fonds presse : l’UFJMI accuse le ministre d’avoir imposé une présidente de parti au sein de la commission

Dans un communiqué d’une extrême gravité, l’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes affirme que son nom a été falsifié dans le seul but de faire entrer une représentante d’un parti politique au sein de la commission chargée de gérer le Fonds de soutien à la presse privée. L’organisation dénonce une instrumentalisation politique de l’aide publique et met directement en cause la responsabilité du ministre de la Communication.

L’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes (UFJMI) a publié un communiqué d’alerte et d’accusation officielle dans lequel elle accuse le ministre de la Culture, des Arts, des Relations avec le Parlement et de la Communication, M. Hussein Ould Meddou, d’avoir organisé et assumé une opération caractérisée de fraude, fondée sur la falsification et l’usage de faux, lors de la mise en place de la commission chargée de la gestion du Fonds de soutien à la presse privée.

Selon l’UFJMI, son nom a été utilisé sans autorisation dans un processus auquel elle n’a ni participé ni donné son accord, dans le seul objectif de permettre l’intégration illégale de la présidente d’un parti politique au sein d’un organe censé être indépendant, neutre et professionnel. L’Union affirme n’avoir proposé aucune candidate et n’avoir mandaté aucune personne pour la représenter, qualifiant cette démarche d’acte délibéré de falsification engageant la responsabilité directe du ministre.

Le communiqué souligne que cette manœuvre constitue un détournement manifeste du soutien public destiné à la presse, transformé en outil de domination et de contrôle politique. L’UFJMI estime que cette politisation viole les lois encadrant le secteur de la presse, le principe de neutralité de l’État et l’indépendance du champ médiatique.

Au-delà de cet épisode, l’Union dénonce un système organisé de chantage institutionnel ciblant les journalistes femmes, en particulier les indépendantes, à travers le conditionnement du soutien public, la reconnaissance professionnelle sélective et l’exclusion systématique des profils jugés non alignés.

Elle affirme que les journalistes sont contraintes de choisir entre soumission politique et privation de leurs droits légitimes, tandis que celles qui refusent toute allégeance sont volontairement écartées des instances professionnelles et marginalisées. Ces pratiques sont qualifiées de discrimination grave fondée sur le genre et sur l’indépendance professionnelle.

L’UFJMI considère que ces agissements constituent une violation de la Constitution mauritanienne, des lois relatives à l’égalité et à la liberté de la presse, ainsi que de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes  (cedaw)(CEDEF), ratifiée par la Mauritanie.

L’Union tient le ministre de la Communication pour pleinement responsable de la falsification du processus de constitution de la commission, de la politisation illégale du soutien à la presse, de l’exclusion organisée des journalistes indépendantes et de la rupture du dialogue avec les organisations professionnelles. Elle affirme qu’il ne s’agit ni d’erreurs ni de dysfonctionnements administratifs, mais d’un mode de gouvernance fondé sur le clientélisme, la fraude, l’abus de pouvoir et la corruption.

En conclusion, l’UFJMI refuse catégoriquement toute association de son nom à cette commission qu’elle qualifie d’illégitime. Elle appelle le Premier ministre à annuler immédiatement la composition actuelle de la commission, demande l’ouverture d’enquêtes administrative et judiciaire indépendantes, et indique avoir informé l’opinion publique nationale, les partenaires techniques et financiers ainsi que les instances internationales compétentes.

« La journaliste n’est ni une cliente, ni une militante politique », conclut le communiqué. « C’est une professionnelle à part entière. La falsification, le chantage et l’abus de pouvoir ne passeront pas. »

LIRE LE COMMUNIQUÉ 

Communiqué d’alerte et d’accusation officielle


Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes (UFJMI)

L’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes porte une accusation officielle et directe contre le ministre de la Culture, des Arts, des Relations avec le Parlement et de la Communication, M. Hussein Ould Meddou, qu’elle tient pour responsable de l’organisation et de la supervision d’une opération caractérisée de fraude, fondée sur la falsification et l’usage de faux, dans le cadre de la mise en place de la commission chargée de la gestion du Fonds de soutien à la presse privée.

L’Union affirme n’avoir proposé aucune candidate et n’avoir mandaté aucune personne pour la représenter.

L’utilisation du nom de l’Union dans un processus auquel elle n’a ni participé ni donné son accord constitue un acte délibéré de falsification, engageant la responsabilité administrative, politique et juridique directe du ministre.

Cette falsification a servi un objectif clair :


imposer illégalement la présidente d’un parti politique au sein d’un organe supposé être indépendant, neutre et professionnel.

Il s’agit là d’un détournement manifeste du soutien public destiné à la presse, transformé, par la volonté du ministre, en un instrument de domination et de contrôle politique, en violation flagrante :

  • des lois régissant le secteur de la presse,

  • du principe de neutralité de l’État,

  • et de l’indépendance du secteur médiatique.

Un système d’intimidation et de répression ciblant les journalistes (indépendantes)

L’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes indépendantes dénonce l’existence d’un système organisé, institutionnel et méthodique de chantage, placé sous la supervision du ministre, visant spécifiquement les journalistes femmes, à travers :

  • le chantage par le biais du soutien public,

  • le chantage par la reconnaissance professionnelle,

  • l’exclusion systématique des femmes compétentes, indépendantes et non soumises.

Les journalistes sont ainsi contraintes de choisir entre la soumission politique et la privation de leurs droits légitimes.

Celles qui refusent toute allégeance sont délibérément écartées des instances, puis marginalisées.

Ces pratiques constituent une discrimination grave fondée sur le genre et l’indépendance professionnelle, en violation directe :

  • de la Constitution mauritanienne,

  • des lois relatives à l’égalité et à la liberté de la presse,

  • de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW), ratifiée par la Mauritanie.

L’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes indépendantes tient le ministre de la Communication pleinement et exclusivement responsable de :

  • la falsification du processus de constitution de la commission,

  • la politisation illégale du soutien à la presse,

  • l’exclusion organisée des journalistes indépendantes,

  • la destruction du dialogue avec les instances professionnelles.

Il ne s’agit ni d’erreurs ni de simples dysfonctionnements administratifs, mais bien d’un mode de gouvernance autoritaire, fondé sur le clientélisme, la fraude, l’abus de pouvoir et la corruption.

L’Union déclare ce qui suit :

  • son refus catégorique de toute association de son nom à cette commission illégitime ;

  • sa demande adressée au Premier ministre pour l’annulation immédiate de la composition actuelle de la commission, en raison de son inadéquation totale avec les objectifs nobles pour lesquels elle a été créée — tout ce qui est fondé sur l’illégalité est nul ;

  • sa demande à l’Inspection générale de l’État et à la Haute Autorité de l’Audiovisuel d’ouvrir une enquête administrative et juridique indépendante ;

  • l’information officielle du Premier ministre, de l’opinion publique nationale, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des instances internationales compétentes.

L’Union se réserve le droit plein et entier d’engager toutes les actions syndicales, judiciaires et internationales contre les responsables de ces actes.

La journaliste n’est ni une cliente, ni une militante politique. C’est une professionnelle à part entière, dotée de droits complets. La falsification, le chantage et l’abus de pouvoir ne passeront pas.

Le Bureau exécutif

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