Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a présidé dimanche 8 novembre un Conseil des ministres consacré à l’agriculture, au développement rural et à la pêche. Il en est ressorti onze décisions, parmi lesquelles l’interdiction de laisser des terres agricoles en jachère et celle d’utiliser le maïs comme fourrage vert pour le bétail.
Onze mesures pour le secteur agricole
Selon le communiqué publié à l’issue de la réunion, le chef de l’État a justifié l’interdiction sur le maïs par ses effets : cette pratique n’a pas augmenté la production de viande et a provoqué une forte baisse du maïs grain disponible. Le gouvernement doit aussi combattre la rétention de récoltes par certains agriculteurs. L’État, rappelle le texte, achète désormais les cultures stratégiques « aux meilleurs prix ».
Sur le plan institutionnel, un office dédié aux légumineuses sèches sera créé. Les céréales restent du ressort de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Un service de statistiques agricoles doit être mis en place « immédiatement » pour éviter les retards d’approvisionnement du marché. La pêche maritime et les forêts seraient confiées respectivement à un ministre délégué et à un secrétaire d’État placés sous l’autorité du ministre de l’Agriculture.
Le président a également demandé la mécanisation de la prochaine moisson dès ce mois de novembre, à travers des coopératives, ainsi qu’un réexamen de l’utilité des entreprises publiques du secteur.
L’ESSENTIEL
- 11 décisions pour l’agriculture, dont l’interdiction de la jachère
- Fin du maïs utilisé comme fourrage vert
- Davantage de laboratoires de contrôle aux frontières, au-delà des 2 existants
Contrôle renforcé des importations
Hors agriculture, le Conseil a ordonné de multiplier les laboratoires de contrôle aux ports et aéroports, qui ne sont aujourd’hui que deux. Les premiers concerneront les ports d’Oran, Mostaganem, Ghazaouet, Jijel et Annaba. Le ministre de la Justice doit prévoir les peines les plus lourdes contre l’introduction délibérée de produits dangereux pour la santé.
Ce Conseil était annoncé depuis plusieurs semaines : le dossier agricole devait initialement être examiné le 4 octobre. Alger cherche depuis des années à réduire sa facture d’importations alimentaires, notamment en céréales.
Le ministre de l’Agriculture devra présenter un bilan de l’application de ces mesures lors d’un prochain Conseil des ministres.
