Le Niger a signé dimanche 1er novembre à Benghazi un protocole d’accord de « coopération stratégique » avec les autorités de l’Est libyen. Le texte, paraphé par le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine et le général Saddam Haftar, porte d’abord sur la surveillance de la frontière entre les deux pays.
Ali Mahamane Lamine Zeine s’est rendu à Benghazi avec une délégation à dominante militaire, conduite notamment par le général de brigade Mamane Sani Kiaou, chef d’état-major général des Forces armées nigériennes, et plusieurs chefs d’état-major d’armée. Il a été accueilli par Oussama Hammad, chef du gouvernement basé dans l’Est, puis reçu par le maréchal Khalifa Haftar et par son fils Saddam, vice-commandant général des forces qui contrôlent l’est et le sud du pays.
Le contenu du protocole n’a pas été publié. Sur sa page Facebook, le chef du gouvernement nigérien a seulement évoqué un élargissement de la coopération « dans divers domaines ». Les deux parties ont insisté sur la nécessité de poursuivre la concertation et de suivre la mise en œuvre des engagements, selon l’Agence nigérienne de presse.
L’ESSENTIEL
- Une force conjointe et des postes fixes à la frontière, selon la chaîne Al-Masar
- Un consulat nigérien à Benghazi et un consulat libyen à Agadez
- Une liaison aérienne directe Benghazi-Niamey envisagée
Frontière, contrebande et commerce
D’après la chaîne Al-Masar, basée à Benghazi, l’accord prévoit des échanges de renseignements, la lutte contre la contrebande et le crime organisé, ainsi que la création d’une force conjointe déployée sur des points fixes le long de la frontière. Le volet économique viserait à faciliter le transit des marchandises et à accroître les échanges entre opérateurs des deux pays.
Le déplacement intervient quelques jours après l’annonce par Alger de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire au Niger, défendu le 1er novembre par le président Abdelmadjid Tebboune. Le sud libyen, frontalier du Niger, sert depuis des années de zone de transit pour les trafics et de refuge à des groupes armés. La Libye reste divisée entre deux pouvoirs rivaux depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
Aucun calendrier de mise en œuvre du protocole n’a été rendu public à ce stade.
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