Les ministres des Affaires étrangères du Niger et du Tchad, Bakary Yaou Sangaré et Ahmed Kogri, se sont rencontrés à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. Première prise de contact directe à ce niveau depuis la frappe de drone qui a tué deux civils dans la région d’Agadez, l’entretien s’est conclu sur un engagement commun à la retenue.
Selon la diplomatie tchadienne, les deux ministres ont passé en revue les relations bilatérales et cherché « les moyens de réduire les incompréhensions » afin de favoriser un retour au calme. D’après les comptes rendus publiés vendredi et samedi par la presse des deux pays, notamment ActuNiger, Tchadinfos et Alwihda Info, ils ont réaffirmé leur attachement à « l’intérêt supérieur » de leurs peuples et estimé que la stabilité de chacun des deux États conditionne celle de la région.
Aucun communiqué conjoint n’a été diffusé. Aucun accord, mécanisme de suivi ou nouvelle rencontre n’a été annoncé à l’issue de l’entretien.
Une crise ouverte par la frappe d’Imilolo
La tension est née d’une frappe de drone survenue vers 1 heure du matin, le 24 octobre, dans la zone d’Imilolo, dans la région d’Agadez. Niamey affirme que l’appareil a décollé du territoire tchadien, avec le soutien de la France, et fait état de deux civils tués et de plusieurs blessés. Le gouvernement nigérien a convoqué l’ambassadeur du Tchad le 27 octobre et annoncé saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.
N’Djamena a rejeté « fermement » ces accusations par la voix de son porte-parole, Gassim Chérif Mahamat, exigé des preuves et s’est dit favorable à une enquête internationale indépendante. Paris ne s’est pas exprimé.
Le Niger et le Tchad partagent une frontière de plus de 1 000 kilomètres. Reste à savoir si la démarche nigérienne devant les instances de l’ONU et de l’UA sera maintenue après ce premier contact.
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