Mauritanie : La reconnaissance selective de partis politiques dénoncée comme une discrimination institutionnalisée

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La validation de cinq nouveaux partis politiques par le ministère de l’Intérieur mauritanien, le 19 août 2025, est au cœur d’une violente polémique. L’Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) y voit la preuve ultime d’une discrimination institutionnalisée visant à museler l’opposition réelle et à perpétuer le pouvoir d’une minorité ethnique.

Dans une déclaration circonstanciée, l’organisation dénonce une manœuvre des autorités pour verrouiller le multipartisme et exclure de la compétition électorale les formations représentant les communautés noires subsahariennes et portant un projet d’alternance.

Le texte de l’IRA, dont voici les principaux arguments, s’appuie sur plusieurs éléments clés :

· Une homogénéité ethnique suspecte : Les cinq partis agréés (Jamaa, Hazm, Namaa, L’Autre Choix, Hissad) sont pointés du doigt pour appartenir au même groupe ethnique, suggérant un favoritisme délibéré.
Un changement de régime juridique abusif : Le passage d’un système déclaratif simple à un système d’autorisation préalable discrétionnaire, sans recours possible, est présenté comme une régression majeure des droits démocratiques. Ce système permet au ministre de l’Intérieur de filtrer les opposants.
· La cible désignée : l’opposition crédible : L’IRA estime que cette mesure vise spécifiquement à exclure des partis comme le Rassemblement pour l’Action Globale (RAG) – qui attend sa reconnaissance depuis 2013 – et les Forces Progressistes du Changement (FPC), les empêchant ainsi de contester l’hégémonie du pouvoir en place.
· Une continuité dictatoriale : La déclaration établit un lien entre les pratiques actuelles du régime des généraux Aziz et Ghazouani (au pouvoir depuis le putsch de 2009) et les méthodes d’exclusion employées sous l’ère de l’ancien dictateur Maaouiya Ould Taya.
· La perpétuation d’un système hérité du coup d’Etat de 1978 : Le fond du problème, selon l’IRA, est la volonté de maintenir une hégémonie ethno-tribale qui confisque le pouvoir et prive la majorité de ses droits, en utilisant l’outil électoral non comme une expression démocratique mais comme un moyen de reproduction du système.

Face à cette provocation, l’IRA annonce que le RAG et ses alliés se préparent à réagir par la lutte non-violente, tout en restant ouverts au compromis.

Pour prendre connaissance de l’intégralité de l’analyse et de la déclaration officielle de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste, voici le texte reçu :

Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) Mauritanie: La discrimination institutionnalisée 20 août 2025

Le 19 août 2025, le ministère de l’Intérieur délivrait le récépissé de reconnaissance provisoire, à 5 partis ayant satisfait aux nouvelles conditions, notamment le parrainage-recommandation par 5 000 personnes réparties sur au moins 8 régions du pays, qui en compte 12, plus le district de Nouakchott, la capitale.

Les masques sont tombés. Les leaders bénéficiaires de la mesure appartiennent au même groupe ethnique. Il s’agit de:

1. Jamaa de Mohamed Jemil Mansour, ancien porte-voix de l’obédience islamiste Tewassoul
2. Hazm de Nour Eddine Mohamedou
3. Namaa de Zeinebou Taghi
4. L’Autre Choix de Mohamed Lemine El Mortaji El Wafi
5. Hissad de l’ex-député Abderrahmane Ould Mini, ex dirigeant du mouvement armé Les Cavaliers de changement

Une seconde salve de délivrance, d’une facture identique, pourrait suivre, avant la fin de l’année.

· Depuis leur accession au pouvoir en 2009, à la faveur du fameux putsch contre le président élu feu Sidi Mohamed Cheikh Abdallahi, les 2 généraux Mohamed ould Aziz et Mohamed ould Cheikh Ghazouani, n’ont permis l’émergence de l’opposition crédible. En revanche, ils réservaient, de facto, le privilège du droit biaisé, aux formations satellites de l’appareil de domination.
· Déjà, sous la dictature du Colonel ould Taya, les entités présidentiables, telles l’Union des forces démocratiques/ère nouvelle (Ufd-en) et Action pour le changement (Ac), subissaient l’exclusion aujourd’hui imposée au parti Réforme et action Globale (Rag) ainsi qu’à une multitude de mouvements porteurs de l’alternance socio-historique.
· A titre de rappel, le RAG déposait sa demande, dès 2013, conformément aux dispositions de la n° 91-024 du 25 juillet 1991. Les autorités du moment ont récemment enfreint les clauses du texte initial, quand elles orchestrèrent la mise à l’écart des candidats dotés d’une assise populaire afin de limiter, la compétition du suffrage universel direct, à la reproduction de l’hégémonie héritée du coup d’Etat de 1978. En particulier Rag et les Forces progressistes du changement (Fpc) continuent à faire les frais de l’acharnement de la gouvernance ethno-tribale à contourner la vérité des urnes.

La preuve de la ségrégation est à présent administrée, devant l’opinion, hors de toute ambiguïté. Le verrouillage du multipartisme vise à éliminer, de la concurrence, les représentants des communautés autochtones, en somme les noirs subsahariens de Mauritanie, à la fois vivier de la dissidence, victimes de l’impunité et foyer structurel de la misère.

Au lieu de s’en tenir au modèle déclaratif par simple dépôt de la demande, c’est désormais le ministre de l’Intérieur qui apprécie, valide et rejette les requêtes, à l’abri du moindre recours.

La Mauritanie vient de régresser au régime de l’autorisation préalable qu’elle adapte, maintenant, aux intérêts, à court terme, d’une ultra minorité nantie de l’essentiel des leviers de la contrainte et de la prédation.

Le parti Rag et ses alliés prennent acte de la provocation et se préparent à y réagir, selon les modalités de la lutte non-violente, sans jamais fermer la porte aux opportunités du compromis. L’agonie du système anachronique requiert un accompagnement empreint de prudence, à l’heure où les périls décisifs cernent une Mauritanie dorénavant livrée à la nuisance de mains inexpertes.

La Commission de la Communication

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