Le vote n’a pas eu lieu. Mardi 27 octobre, à l’ouverture de la séance plénière consacrée à la loi de finances rectificative (LFR) 2026, le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba, a demandé et obtenu le renvoi du texte en commission. Le gouvernement évite ainsi un rejet annoncé par la majorité Pastef, qui détient 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale.
Le ministre s’est appuyé sur l’article 84 du règlement intérieur, qui rend le renvoi de droit lorsqu’il est demandé par le représentant du président de la République. Il a invoqué un courrier adressé la veille par le président de la commission des Finances, reprenant les griefs des députés. « La démarche sollicitée ne traduit ni un renoncement du gouvernement à ses responsabilités, ni une volonté de contourner le débat parlementaire », a-t-il déclaré, plaidant pour un dialogue « franc, loyal, sincère » entre exécutif et législatif.
Le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko, chef de Pastef, en a pris acte et a convoqué la Conférence des présidents. En ouvrant la séance, il avait assuré que les députés voteraient librement, pour adopter ou rejeter le texte. En commission, le projet avait déjà été repoussé : Pastef avait voté contre, le groupe Takku Wallu s’était abstenu.
L’ESSENTIEL
- Recettes revues en baisse de 340 milliards de FCFA
- Subventions à l’énergie portées de 250 à 790 milliards de FCFA
- 555 milliards de FCFA d’investissements supprimés
Un texte lié au FMI
La LFR doit permettre de régler 300 milliards de FCFA de dettes de l’État envers les entreprises et de relancer les discussions avec le Fonds monétaire international, selon RFI. Pastef conteste les coupes dans la santé et l’éducation et réclame un encadrement des fonds spéciaux. Le bras de fer oppose depuis plusieurs semaines la majorité parlementaire au gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.
La Conférence des présidents doit fixer le calendrier des nouveaux travaux de la commission des Finances et la date d’une prochaine plénière.
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