Les unités antiémeutes ont fait usage de gaz lacrymogènes, lundi 26 octobre dans l’après-midi, pour disperser des étudiants qui manifestaient au campus de l’université de Nouakchott contre le nouveau dispositif de transport universitaire. Mardi, la Coalition de l’opposition démocratique a condamné une « répression » et réclamé un dialogue avec les représentants étudiants.
La contestation s’est concentrée autour de la gare routière du nouveau campus, selon le site Alakhbar. Des étudiants ont bloqué la circulation des bus et brûlé un pneu. Des renforts de police ont encerclé les voies d’accès. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des agents poursuivant des manifestants jusque dans les bâtiments universitaires.
D’après le site El Hawadith, la fumée s’est répandue jusque dans des salles de cours. Des informations non confirmées font état d’étudiants évanouis, et d’autres auraient été frappés, selon des récits relayés par plusieurs médias locaux. Aucun bilan officiel n’a été publié. Le ministère de l’Enseignement supérieur ne s’était pas exprimé lundi soir.
L’opposition appelle au dialogue
Dans un communiqué publié mardi, la Coalition de l’opposition démocratique estime que le recours à la force contre les étudiants est contraire aux exigences d’un État de droit. Elle affirme que la stabilité du pays « ne s’obtient pas par la répression » et demande des solutions concrètes plutôt qu’une approche sécuritaire.
Le même jour, plusieurs établissements d’enseignement supérieur ont connu des sit-in, à l’appel d’un nouveau Front étudiant pour la défense des droits et des acquis, qui regroupe quatre syndicats. Leurs revendications portent sur les critères d’attribution des bourses, l’extension des masters, l’ouverture des écoles doctorales et le respect des libertés syndicales.
La crise est née de la réorganisation du transport entrée en vigueur lundi : les arrêts traditionnels du campus ont été supprimés au profit des lignes du bus à haut niveau de service (BHNS). Les ministères des Transports et de l’Enseignement supérieur ont instauré un abonnement mensuel réduit de 5 000 anciennes ouguiyas. Les manifestants dénoncent, eux, la hausse du prix des tickets.
De son côté, le Syndicat national de l’enseignement supérieur a suspendu le sit-in qu’il prévoyait le 4 novembre place de la Liberté, pour laisser une chance au dialogue avec le gouvernement.
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