Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement algérien, a approuvé à l’unanimité, dimanche 25 octobre, l’envoi d’un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger. L’Assemblée populaire nationale a examiné le texte dans l’après-midi et l’a également adopté, selon Maghreb Emergent. La mission doit protéger les intérêts énergétiques algériens dans le nord du pays.
Le vote du Sénat s’est tenu à huis clos lors d’une séance extraordinaire convoquée à la demande du président Abdelmadjid Tebboune. D’après l’AFP, qui cite un membre de l’institution sous couvert d’anonymat, 148 sénateurs ont voté pour. La Constitution, en son article 91, exige l’approbation des deux chambres à la majorité des deux tiers de leurs membres pour toute projection de l’armée à l’étranger.
Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a présenté la proposition aux parlementaires. La presse a été tenue à l’écart des débats.
Une mission « limitée »
Ni l’effectif du détachement, ni la date de son départ, ni la durée de la mission n’ont été rendus publics. Le sénateur Belkacem Boulghiti a parlé à la presse algérienne d’une « mission limitée », destinée à « protéger nos intérêts économiques ».
Ces intérêts sont d’abord pétroliers. Sipex, filiale internationale de Sonatrach, exploite le bloc de Kafra, dans le nord du Niger, à environ 85 km de la frontière algérienne. Les forages y ont débuté le 13 août. Alger porte aussi le projet de gazoduc transsaharien, qui doit relier le Nigeria à l’Europe en traversant le Niger.
L’ESSENTIEL
- 148 voix pour au Conseil de la nation, selon l’AFP
- Majorité requise : deux tiers des membres de chaque chambre
- Objectif affiché : sécuriser les sites de Sonatrach au Niger
Cette décision prolonge un rapprochement militaire engagé cet été. Après l’attaque menée le 29 août par des soldats mutins contre l’aéroport et la présidence à Niamey, Alger avait dépêché des hélicoptères puis des avions de combat. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, s’est rendu deux fois en Algérie en octobre ; un protocole de coopération militaire, dont le contenu reste confidentiel, a été signé à cette occasion.
Plusieurs médias arabes présentent ce déploiement comme le premier de l’armée algérienne hors de ses frontières depuis la guerre d’octobre 1973. Le calendrier de l’opération doit désormais être fixé par la présidence.
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