D’après plusieurs sources concordantes, le ministre et directeur de cabinet du président de la République, Nani Ould Chrougha, a engagé lundi dernier des échanges avec les partis de l’opposition, en amont du lancement attendu des prochaines sessions de dialogue politique.
Selon ces mêmes sources, Ould Chrougha a proposé la tenue d’une réunion jeudi prochain, dédiée à l’examen du rapport préparé par le coordinateur du dialogue, Moussa Fall. Ce document avait été remis au président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani le 13 octobre dernier. Il dresse un état des lieux de la scène politique mauritanienne et synthétise les visions et positions des différentes forces politiques quant aux perspectives du dialogue national à venir.
D’après le schéma présenté par la direction du cabinet présidentiel aux partis d’opposition, la réunion devrait rassembler 40 participants, répartis à parts égales entre la majorité au pouvoir et l’opposition. Vingt sièges reviendraient aux partis de la majorité, tandis que les vingt autres seraient attribués aux pôles de l’opposition : dix représentants des partis d’opposition et dix pour la coordination des partis d’opposition.
Les partis composant l’Institution de l’opposition ont arrêté leur liste de représentants à l’issue d’une réunion interne regroupant leurs quatre formations. Cette rencontre a confirmé la participation du parti Alliance pour la justice et la démocratie / Mouvement pour le renouveau. Les trois autres partis se sont partagé les dix sièges comme suit :
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Parti Tawassoul : 4 représentants
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Parti Joud : 3 représentants
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Parti Sawab : 3 représentants
En revanche, l’autre pôle de l’opposition ,qui regroupe des partis récemment agréés, des organisations et des personnalités indépendantes, a exprimé sa surprise face au mode de répartition des sièges retenu.
Une source influente de ce pôle a indiqué qu’un comité composé de six partis avait déjà été mis en place pour rencontrer le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. L’objectif de cette démarche est de discuter de points précis considérés comme des préalables indispensables à l’engagement dans le dialogue. Ce comité comprend :
Samba Thiam (Forces progressistes pour le changement), Nana bint Cheikhna (ancienne dirigeante du Bloc des forces démocratiques), Lo Gourmo (Union des forces du progrès), Abdel Rahman Ould Mahmoud (Alliance populaire progressiste), Noureddine Mohamedou (Mauritanie en avant) et Samouri Ould Bey, président du mouvement Ei Hore.
Par ailleurs, deux responsables de partis de la majorité présidentielle ont affirmé n’avoir reçu aucune information ni détail concernant les contacts engagés par le directeur de cabinet du président au sujet du dialogue.
Selon des sources proches du dossier, ces différents pôles politiques envisagent encore plusieurs options : s’adresser directement au président de la République, compléter le quorum des dix sièges alloués pour la réunion, ou bien opter pour un boycott pur et simple du processus.
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