Près de six mois après son enlèvement à Bamako, l’avocat et ancien ministre Mountaga Tall, devenu l’un des critiques de la junte malienne, n’a toujours pas réapparu. Son fils, Cheick Mamadou Tall, est lui aussi porté disparu. Dans un communiqué publié vendredi 30 octobre, Human Rights Watch (HRW) demande aux autorités de révéler « immédiatement » où se trouvent les deux hommes.
Un piège tendu au fils
Mountaga Tall a été emmené le 2 mai par des hommes armés non identifiés dans la capitale malienne. Le 16 mai, son fils a disparu à son tour, après avoir reçu un appel l’invitant à apporter des effets personnels à son père, apparemment détenu dans un lieu tenu secret, selon l’organisation de défense des droits humains.
Depuis, Bamako n’a ni reconnu leur détention ni donné la moindre information sur leur localisation, leur statut juridique ou leur état de santé, malgré les démarches de la famille et d’une équipe d’avocats, souligne HRW. Chaque jour sans nouvelles « renforce les craintes pour leur sécurité », écrit l’ONG, qui réclame leur libération.
En juillet, le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées avait déjà exhorté le Mali à localiser et protéger le père et le fils. Plusieurs médias internationaux affirment que l’opposant pourrait être détenu par les services de renseignement, ce que les autorités n’ont pas commenté.
L’ESSENTIEL
- 2 mai : enlèvement de Mountaga Tall à Bamako
- 16 mai : disparition de son fils Cheick Mamadou Tall
- Aucune reconnaissance officielle de détention à ce jour
Un opposant à la dissolution des partis
Ministre entre 2014 et 2017, Mountaga Tall s’était d’abord rallié aux militaires arrivés au pouvoir en 2021, avant de s’opposer à la dissolution des partis politiques décidée par la transition. Selon HRW, d’autres personnalités politiques et leurs proches ont été enlevés ces derniers mois par des hommes cagoulés, un mode opératoire attribué aux services de renseignement ; certains restent introuvables. La junte a par ailleurs suspendu des médias et dissous des organisations de la société civile.
Aucune réaction officielle à ce nouvel appel n’avait été rendue publique au moment de la publication.
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