La Russie monte au créneau et revendique un rôle clé dans les récents affrontements au Mali. Dans un communiqué, l’Africa Corps, rattaché au ministère russe de la Défense, décrit les attaques du 25 avril comme une tentative de déstabilisation d’ampleur, comparable à une mécanique déjà observée en Syrie.
Moscou met en avant l’action de ses hommes aux côtés des FAMa : défense de points stratégiques, sécurisation des infrastructures sensibles, soutien aux centres de pouvoir comme Bamako et Kati, et frappes aériennes pour repousser les assaillants. En filigrane, un message assumé : sans cet appui, l’équilibre du pouvoir aurait pu céder.
Le bilan avancé est lourd, plus de 1 000 combattants adverses tués. Côté russe, des pertes sont évoquées, sans détails.
Sur le terrain, pourtant, rien n’évoque une situation totalement maîtrisée. Des couvre-feux ont été instaurés dans plusieurs villes, dont Bamako et Gao, et les opérations militaires se poursuivent. Les autorités maliennes appellent à la prudence face à la multiplication des informations non vérifiées.
Pendant ce temps, un autre front s’embrase au nord. À Kidal, le Front de libération de l’Azawad affirme avoir pris la ville et évoque des actions coordonnées avec le JNIM. Bamako rejette ces affirmations et assure que la situation reste sous contrôle.
Entre annonces triomphales, démentis officiels et revendications des groupes armés, la réalité devient difficile à cerner. Le Mali s’enfonce dans une double confrontation : militaire sur le terrain, et informationnelle dans les discours.
Un élément alimente particulièrement les doutes : des groupes armés affirment qu’un accord aurait été conclu avec des éléments russes, qui auraient quitté Kidal. Si cette version venait à se confirmer, elle poserait une question sensible sur la fiabilité des alliances en cours.
Au-delà des récits contradictoires, une chose est sûre : le conflit malien ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi dans la bataille des narratifs.
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