le retour inattendu de Mahmoud Salah, chef rebelle anti-junte détenu en Libye
Plus de seize mois après son arrestation dans le sud libyen, Mahmoud Salah, figure de proue de la rébellion armée opposée aux autorités militaires nigériennes, a retrouvé la liberté. Une annonce qui pourrait rebattre les cartes dans une région frontalière déjà marquée par l’instabilité sécuritaire et les rivalités d’influence.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le Front patriotique pour la libération (FPL), mouvement créé à la suite du renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023, a confirmé la libération de son dirigeant. Le groupe a salué le rôle joué par Saddam Haftar, influent commandant des forces de l’Est libyen et fils du maréchal Khalifa Haftar, dans l’aboutissement de cette libération.
Mahmoud Salah avait été interpellé en février 2025 dans la ville désertique de Qatrun, au sud de la Libye, lors d’une opération menée par les forces de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôle une large partie de l’Est et du Sud du pays. Son arrestation avait été perçue comme un coup dur pour cette organisation armée qui s’est donnée pour objectif de rétablir l’ordre constitutionnel au Niger et d’obtenir la libération du président Bazoum.
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum demeure retenu avec son épouse dans une résidence du palais présidentiel de Niamey. Malgré les multiples appels de la communauté internationale, les autorités militaires dirigées par le général Abdourahamane Tiani refusent jusqu’à présent toute perspective de libération.
La frontière entre le Niger et la Libye, longue de plus de 340 kilomètres dans des zones désertiques difficiles à contrôler, est devenue l’un des principaux foyers d’activité des groupes hostiles au régime militaire nigérien. Le Front patriotique pour la libération y revendique régulièrement des opérations armées contre les forces de sécurité ainsi que plusieurs actions de sabotage, notamment contre l’oléoduc stratégique reliant les champs pétroliers nigériens au port béninois de Sèmè-Kpodji.
La libération de Mahmoud Salah intervient dans un contexte diplomatique particulier. Quelques mois auparavant, en mai 2025, Saddam Haftar s’était rendu à Niamey pour des discussions avec le général Tiani, illustrant les relations complexes qui se développent entre les autorités libyennes de l’Est et le pouvoir militaire nigérien.
Si le mouvement rebelle se réjouit du retour de son chef, il rappelle toutefois que quatorze de ses combattants restent toujours détenus en Libye. Le Front appelle désormais à leur remise en liberté, estimant que cette mesure constituerait une étape supplémentaire vers l’apaisement des tensions dans la région.
Au-delà du sort de Mahmoud Salah, cette libération pourrait avoir des répercussions directes sur l’équilibre sécuritaire du nord du Niger. Elle redonne en effet de la visibilité à un mouvement armé qui, malgré la pression militaire exercée contre lui, continue d’afficher sa volonté de défier la junte au pouvoir à Niamey.
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