J’étais à Bamako . Par ELY SIDAHMED KROMBELE

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J’étais à Bamako

Bamako est une ville de plus de 4 millions d’habitants, entassés dans une cuvette que surplombe la colline de Koulouba, lieu du pouvoir central malien. Tous les jours la cuvette déverse la population bamakoise sur ses nombreux quartiers périphériques, ou vis-versa, donnant ainsi une anarchie vivante, aux proportions démesurées, qui offrent à cette mégalopolis un aspect mitigé. Pour y circuler, mieux vaut emprunter une moto. Parce qu’à Bamako, les motocyclistes sont rois et les automobilistes doivent subir le plus souvent la volonté de ces innombrables et récalcitrants conducteurs de deux-roues. Patience…puisque tout le monde est pressé. A imaginer que vous rassemblez tous les mauritaniens dans un même endroit, et que vous les lâchez comme s’ils devraient courir un cross-country ; voilà la vie quotidienne des bamakois, un parcours du combattant pour qui, est à la quête du pain quotidien ou à la recherche d’un petit boulot.

 Aux ides de Mars 2026, à Bamako il faisait déjà très chaud. En tout cas on peut conquérir Bamako, une cuvette de plus de 4 millions d’habitants, cependant on ne peut pas soumettre cette ville dont plus de la moitié est constituée de jeunes, le plus souvent désœuvrés, prêts à en découdre. Mais il ne faut pas que cette description kaléidoscopique vous détourne de l’essentiel, car il y a le côté humain. 

Le Mali est d’abord un pays de tolérance, pacifique, un peuple laborieux de nature, mais qui subit de nos jours les conséquences d’une « mondialisation hybride » ayant accouché d’appétits mercantiles, voire hégémoniques de la part de certaines puissances sous régionales ou étrangères. 

Depuis la destruction de la Libye de Mouammar Kadhafi et le retour des combattants Touaregs et Maures du Nord du Mali, la lutte pour la libération de l’Azawad a repris contre le pouvoir central malien. D’ailleurs, elle n’a jamais cessé depuis 1960. Mais cette rébellion a été presque phagocytée par des groupes islamistes du JNIM, d’Al Qaida etc.. 

Ainsi à partir 2012, le Nord du Mali est devenu un laboratoire velléitaire où s’abreuvent toutes les convoitises venues de la France, de l’Algérie, de la Turquie, de la Russie, de la Chine, des Etats- Unis et des Emirats Arabes. 

A ce salmigondis des puissances aux velléités souvent antagonistes, les internautes maliens et influenceurs panafricanistes y ajoutent désormais le nom de la Mauritanie, notre Mauritanie….. 

En effet la malencontreuse sortie du Wali du Hodh El Gharbi, le mois d’Avril dernier a changé la donne. Ce qui depuis des centenaires n’étaient que de petites embrouilles endogènes entre voisins, tout le long de la frontière Mali-Mauritanie, longue de plus de 1200 km, commence à prendre la forme détestable de dissensions, avec des colorations géopolitiques. 

Pour les Maliens, la France est derrière les agissements du pouvoir mauritanien, surtout depuis la visite d’Etat effectuée par le président Ghazwani à Paris, il y a quelques jours. 

En optant pour le parapluie russe, et à l’instar d’ailleurs des autres pays de l’Alliance des États du Sahel, le Mali a rompu avec la France ; ce qui le pousse à durcir sa position à l’égard de la Mauritanie également. 

Ainsi le Mali et la Mauritanie se trouvent désormais embarqués sur un train dont la locomotive est commandée depuis Paris et Moscou. 

Le retour de la Russie sur la scène internationale a engendré une rivalité avec le bloc de l’OTAN, dont les frontières se trouvent, d’après les Maliens, face à leur pays. 

 

A/ Le 25 Avril 2026, une date fatidique :

 

  L’attaque combinée du Samedi 25 Avril dernier contre Kidal, Gao dans le Nord-Mali, de Sévaré et Bamako dans le centre par le FLA a(Front de Libération de l’Azawad) et du JNIM a porté un grand coup au pouvoir central malien. En effet la mort du ministre de la Défense Sadio Camara et la blessure de deux autres généraux, dont celui du renseignement a envenimé la situation sécuritaire au Mali. 

Pour la première fois le chef de la junte, le général Assimi Goïta a reconnu l’ampleur du coup porté par ses adversaires, qu’il qualifie d’attaque complexe, qui n’a été possible qu’avec l’aide de l’extérieur principalement. Dans ce cas, les influenceurs maliens accusent la France, l’Ukraine, l’Algérie et …la Mauritanie.  

 La situation sécuritaire au Sahel est le résultat des jeux d’allianced que se livrent les puissances occidentales de l’OTAN, à travers la France, d’une part et l’axe Russie-Chine, d’autre part. 

La France ne ménagera aucun effort pour ramener les « brebis égarées », à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans le giron francophone. 

L’alignement de ces Etats sahéliens à la Russie est vécu par Paris comme la plus grande des humiliations. D’ailleurs pour stopper l’émulation, Paris veuille coûte-que-coûte sur le reste de son pré-carré, à savoir la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée, le Cameroun…

Le Sénégal, un pays très important pour la France, tangue entre la préférence tacite de son président Diomaye Faye et le positionnement sans faille de son charismatique Premier ministre, Ousmane Sonko pour une Afrique sans tutelle. 

Une lutte d’influence acharnée se joue actuellement entre la France et la Russie, par services de renseignements, influenceurs et médias interposés. Le 25 Avril 2026 en est l’illustration. 

 B/ Et qu’en est-il de la Mauritanie ?

 

  La seule chance de la Mauritanie dans cette rivalité entre grandes puissances à nos portes est que nous avons un président, Mohamed Ould Cheikh Ghazwani qui n’est ni va-t’en-guerre, ni belliqueux. 

En homme pacifique et tolérant, le président a toujours géré les dissensions avec le Mali, de manière consensuelle. 

Mais jusqu’à quand cette « baraka » va-t-elle porter ses fruits ? Car dans l’inconscient collectif des pays de l’AES, la Mauritanie a choisi son camp et que la menace vient désormais du nord-ouest, autrement dit les frontières de l’OTAN étant de nos jours situées à Gogui, Touil, Vassalé etc…

Nos forces armées et de sécurité doivent savoir que rien ne sera comme avant depuis le samedi 25 avril 2026, pour les maliens et pour les panafricanistes. La guerre froide est déclarée. Et elle risque d’être chaude car le modérateur de la junte militaire Sadio Camara est mort. 

Or notre Armée n’est pas à point à pouvoir mener un conflit de haute intensité. Les Gsi qui sillonnent notre territoire sont adaptés à gérer les incursions d’ennemis mineurs. Quant à faire face à un ennemi majeur, nous ne disposons même pas de doctrine d’emploi depuis 1960.

Et pourtant nous avons un ministre de la Défense militaire, un général depuis 2019; nous avons un collège de défense d’où sortent nos colonels brevetés de l’Ecole de Guerre, une Ecole d’Etat-Major; nos officiers sont issus de toutes les Académies Militaires. Alors qu’est-ce qui cloche ? Nous avons enfin plus de généraux que le Mali, le Burkina et le Niger réunis. Dites-moi monsieur le ministre qui est notre ennemi majeur, notre ennemi mineur ; avez-vous des plans de défense pour nos points névralgiques ; comment contenir une invasion terrestre venant du Maroc, de l’Algérie ou du Mali… tout en sachant que Bamako avec ses avions de combat fournis par la Russie, est en mesure de bombarder Nouakchott ? 

  Qu’on ne se trompe pas, les lendemains seront beaucoup plus durs que les jours passés. 

Notre Armée doit être dirigée par des officiers capables de nous apporter la fierté, l’envie d’appartenir à une Nation, la Mauritanie. Chacun doit prendre ses responsabilités : nos fantassins doivent se préparer à la guerre, notre logistique doit être à point, nos intendants doivent bannir le système de commissions des dessous de table et fournir une dotation adaptée à nos troupes combattantes. Car il arrivera un jour où nos descendants…, vos descendants auront besoin de ces recommandations que je viens de prodiguer. 

Puisque la Mauritanie est soupçonnée par le Mali et ses partenaires de jouer le jeu de l’OTAN, par l’intermédiaire de la France avec laquelle nous n’avons pourtant qu’une coopération militaire limitée. 

La tension est à nos portes, et une fois la guerre Russie-Ukraine terminée, l’épicentre de la rivalité entre ces puissances étrangères, se déplacera vers le Sahel. 

Les années 2028-29 Incha’Allah seront déterminantes pour notre patrie. Je vous dirai pourquoi la prochaine fois Incha’Allah./. 

 ELY SIDAHMED KROMBELE, FRANCE

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