Le militant prodémocratie Joshua Wong, qui devait recouvrer la liberté en janvier, restera derrière les barreaux jusqu’à la fin de 2036. La Haute Cour de Hong Kong l’a condamné jeudi 5 novembre à dix ans de prison supplémentaires pour complot de collusion avec des forces étrangères, en vertu de la loi sur la sécurité nationale.
Une peine réduite par le plaidoyer de culpabilité
Le juge William Tam a retenu une infraction d’une « gravité particulière », passible en théorie de la réclusion à perpétuité. Il a fixé un point de départ de treize ans, ramené à dix en raison du plaidoyer de culpabilité déposé par l’accusé en septembre.
L’accusation reprochait à Joshua Wong d’avoir conspiré, après l’entrée en vigueur de la loi de 2020, pour obtenir des sanctions étrangères contre Pékin et l’exécutif hongkongais. Selon le tribunal, il formait avec Nathan Law, son ancien camarade du parti Demosisto aujourd’hui en exil et recherché par la police, l’un des « deux meneurs » du complot : Law menait le plaidoyer à l’étranger, Wong le relayait sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale. Des représentants de consulats étrangers assistaient à l’audience.
L’ESSENTIEL
- 10 ans de prison supplémentaires, contre 13 ans retenus au départ
- 4 ans et 8 mois déjà purgés pour « subversion »
- Libération désormais prévue fin 2036
Réactions contrastées
Human Rights Watch a dénoncé une sentence « cruelle et injuste » et appelé les gouvernements étrangers à sanctionner les responsables. Taïwan a fustigé une persécution politique sans fin. À l’inverse, le surintendant Steve Li, de l’unité de police chargée de la sécurité nationale, a salué un verdict qui montre selon lui l’échec des appels de Wong à des sanctions.
Figure du « mouvement des Parapluies » de 2014, Joshua Wong purgeait déjà une peine de quatre ans et huit mois dans le procès des « 47 », le plus important dossier de sécurité nationale de l’ex-colonie britannique. Il avait été de nouveau inculpé en juin 2025, en détention. En février, le patron de presse Jimmy Lai, fondateur de l’Apple Daily, avait été condamné à vingt ans de prison au titre de la même loi.
La défense dispose désormais d’un délai pour décider d’un éventuel appel.
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