La décision de Conakry d’interdire l’exploitation artisanale de l’or dans la région de Siguiri provoque un mouvement massif de travailleurs étrangers vers le Mali. Mercredi 4 novembre, le Burkina Faso a dépêché une délégation gouvernementale à Bamako pour prendre en charge « plusieurs milliers » de ses ressortissants, tandis que les autorités maliennes signalent un afflux important vers leur capitale.
Sites fermés, administrateurs radiés
Depuis le 29 octobre, selon Journal du Faso, les autorités guinéennes ont suspendu l’orpaillage artisanal et mené des opérations de sécurisation à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda, où des installations d’exploitants ont été détruites. Un décret publié mardi 3 novembre a acté l’interdiction totale de l’exploitation « anarchique » de l’or dans la région de Siguiri. Le gouvernement invoque une « dégradation alarmante de l’environnement » : terres agricoles détruites, cours d’eau pollués, usage de produits chimiques dangereux.
Le même texte radie 22 administrateurs territoriaux, dont le gouverneur par intérim, Fayimba Mara, ainsi que des agents publics et des membres des forces de sécurité accusés d’avoir favorisé l’orpaillage clandestin, rapporte Guinee360. Les sites sont désormais placés sous surveillance de l’armée, de la gendarmerie, de la police et des douanes, avec des contrôles d’identité et de séjour.
Afflux à Bamako et à Yanfolila
Dès mardi soir, des cars chargés de bagages, des tricycles et des groupes à pied convergeaient vers les services consulaires burkinabè de Bamako. Plus de 450 orpailleurs maliens et burkinabè sont arrivés mercredi à Yanfolila, dans le sud du Mali, selon Studio Tamani. Le comité malien de gestion des crises, réuni en urgence, assure avoir pris des dispositions d’accueil et de transport.
L’ESSENTIEL
- 29 octobre : suspension de l’orpaillage artisanal en Haute-Guinée
- 22 administrateurs territoriaux radiés par décret
- Environ 45 000 Burkinabè vivraient en Guinée
Conakry souligne qu’aucune mesure d’expulsion ne vise une nationalité en particulier et promet de garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens. Elle dénonce des images « subversives » diffusées sur les réseaux sociaux. Ouagadougou appelle de son côté au calme et met en garde contre les rumeurs.
La délégation burkinabè doit recenser les arrivants, évaluer leurs besoins en hébergement et en soins, puis organiser leur retour au pays.
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