À la veille du 72e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a signé, samedi 31 octobre, un décret de grâce au profit de 5 539 personnes condamnées. Dans son message à la nation, il a aussi présenté l’envoi d’unités de l’armée au Niger comme une « décision politique souveraine ».
Des peines de deux ans au plus
Selon le communiqué de la présidence, la mesure concerne les personnes définitivement condamnées à la date de la signature, qu’elles soient incarcérées ou non. Seules les peines, ou les reliquats de peine, égaux ou inférieurs à 24 mois sont visés.
La liste des exclusions est longue. Restent hors du champ de la grâce les condamnés des juridictions militaires, ainsi que les auteurs d’actes de terrorisme, de trahison, d’espionnage, d’homicide, de trafic de stupéfiants, d’évasion, de violences contre des ascendants, de viol ou d’attentat à la pudeur sur mineur. Sont également écartées les infractions à la loi anticorruption, le blanchiment d’argent, la fausse monnaie, la contrebande et les violations de la réglementation des changes.
L’ESSENTIEL
- 5 539 bénéficiaires
- Peines ou reliquats de 24 mois maximum
- Corruption, terrorisme et drogue exclus
Le Niger au cœur du message présidentiel
Dans son message publié pour l’anniversaire, le chef de l’État rend hommage aux martyrs et revient sur la décision, approuvée la semaine dernière par les deux chambres du Parlement, de déployer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger. Sans nommer le pays, il évoque une coopération avec un « pays frère et voisin » destinée à « préserver nos intérêts vitaux », dans une approche qu’il qualifie d’« anticipative » face à la situation régionale. La présidence avait indiqué que ce déploiement vise à protéger les intérêts énergétiques et économiques communs aux deux pays.
Les grâces collectives sont une tradition des grandes fêtes nationales en Algérie, notamment le 5 Juillet et le 1er Novembre, date du déclenchement de l’insurrection armée en 1954.
Les effectifs et le calendrier du déploiement au Niger n’ont toujours pas été rendus publics.
![]()
