Le responsable du service des urgences chirurgicales du Centre hospitalier national (CHN) de Nouakchott, le Dr Abdallah Ould Mohamed Abeh, a remis sa démission. Dans une lettre datée du jeudi 29 octobre, il invoque la dégradation continue des conditions de travail et affirme ne plus pouvoir garantir la sécurité des patients.
Maître-assistant en chirurgie, le praticien a adressé sa lettre au directeur général de l’établissement. Son contenu a été rendu public vendredi par plusieurs médias mauritaniens, dont l’agence Al Akhbar, qui dit en avoir obtenu une copie.
« Pénurie » de personnel et de matériel
Le médecin y décrit un manque croissant de personnel et d’équipements ainsi que des dysfonctionnements dans l’organisation du service. Selon lui, les efforts de son équipe paramédicale ne suffisent plus à compenser ces difficultés, qui ont « dépassé les limites raisonnables ».
Il dit avoir pris sa décision après une longue réflexion, au nom de sa responsabilité morale et professionnelle. Il refuse, écrit-il, de continuer à assumer des risques pour la sécurité des malades et la continuité des soins, qu’il juge contraires à l’éthique médicale. Il observera le préavis réglementaire d’une semaine.
Le site spécialisé Al-Marsad Al-Sihi, cité par la presse locale, évoque aussi, sur la foi de sources non identifiées, un désaccord avec la direction sur la gestion du service et sur certaines procédures que le chef de service aurait refusé de valider. Cette version n’a pas été confirmée et la direction ne s’est pas exprimée publiquement.
Par note de service, le directeur général a confié l’intérim des urgences chirurgicales au Pr Othmane Amhihim, chef du service de chirurgie viscérale, qui cumulera les deux fonctions.
Un hôpital en pleine réorganisation
Le CHN est le principal hôpital public de Mauritanie et reçoit une large part des urgences de la capitale. Ses services de chirurgie doivent être transférés vers le nouveau pôle d’excellence chirurgicale, ce qui implique une réorganisation de la prise en charge des urgences. Cette démission intervient alors que le gouvernement met en avant l’accès aux soins dans son programme d’urgence, avec l’ouverture annoncée de 28 nouveaux centres de santé à Nouakchott.
Le départ du Dr Ould Mohamed Abeh deviendra effectif à l’issue de son préavis, début novembre.
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