Un deuxième parti de la majorité présidentielle mauritanienne conteste publiquement le choix de ses représentants au comité de supervision du dialogue national. Le Parti du centre pour l’action et le progrès (Al-Massar) dénonce une méthode « unilatérale », une semaine après le gel des relations du Front citoyenneté et justice avec la coalition au pouvoir.
Dans un communiqué et une lettre adressée à la Coordination des partis de la majorité, rendus publics jeudi 22 octobre, Al-Massar se dit « surpris » par le mode de sélection. Le parti affirme ne pas avoir été consulté, alors qu’il avait pris part aux discussions préalables. Il demande une révision du mécanisme pour garantir une représentation « plus inclusive et équitable », selon Sahara Medias.
D’après le parti, les noms ont déjà été transmis à la coordination du dialogue sans que ses objections soient prises en compte.
Huit sièges, deux frondeurs
La majorité a désigné vendredi 16 octobre huit personnalités, pour la plupart des chefs de parti. Mohamed Ould Bilal, président du parti El Insaf, occupe la vice-présidence du comité. La coalition invoque des critères « objectifs » : le poids électoral et la représentation à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux.
Le jour même, le Front citoyenneté et justice de Mohamed Jemil Ould Mansour a gelé son appartenance à la coalition. Selon le site Madar, son président affirme que les noms ont été communiqués par un message WhatsApp, après deux réunions sans accord. Il estime que le critère parlementaire pénalise les partis créés après les dernières élections.
L’ESSENTIEL
- 20 membres prévus au comité par l’accord du 3 septembre : 7 majorité, 7 opposition, 6 société civile
- 8 représentants finalement désignés par la majorité le 16 octobre
- 2 partis de la majorité contestent : Front citoyenneté et justice, Al-Massar
Le dialogue national, voulu par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et coordonné par Moussa Fall, a été relancé en juillet après un long blocage sur la limitation des mandats présidentiels. Les partis de la majorité et de l’opposition ont ensuite convenu d’élargir le comité de supervision.
La composition définitive du comité doit encore être arrêtée par la coordination du dialogue avant l’ouverture des travaux.
![]()
