Mauritanie/Carburants : la baisse des prix érigée en priorité présidentielle

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Carburants en Mauritanie : une réforme structurelle pour alléger les prix, soutenir le pouvoir d’achat et stabiliser le marché

Nouakchott, 7 janvier 2026 – Le gouvernement mauritanien s’apprête à engager une réforme majeure du système de tarification des hydrocarbures liquides. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, a annoncé, à l’issue du Conseil des ministres, l’adoption prochaine d’un projet de décret instaurant une refonte structurelle et globale du mécanisme de fixation des prix des carburants en Mauritanie.

Selon le ministre, cette réforme intervient dans un contexte marqué par des prévisions faisant état d’une baisse des cours des hydrocarbures au cours de l’année 2026. Sur cette base, le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a donné des instructions claires en faveur d’une réduction des prix à la pompe. Le chef de l’État a également décidé que les marges dégagées par cette évolution ne seraient pas affectées au Trésor public, mais réorientées directement au profit des citoyens, dans une optique de soutien au pouvoir d’achat.

Présenté comme un texte de modernisation en profondeur, le projet de décret vise à aligner le cadre national de tarification sur les évolutions du secteur aux niveaux national et international. Il ambitionne d’assurer une plus grande stabilité du marché, d’améliorer la performance des opérateurs et de rationaliser l’intervention de l’État dans un secteur qualifié de stratégique et sensible.

Lors de la conférence de presse consacrée aux résultats du Conseil des ministres, le ministre a précisé que ce texte abrogera et remplacera le décret n°2014-067. L’objectif est d’actualiser le cadre réglementaire des hydrocarbures en cohérence avec le programme électoral du Président de la République.

Sur le plan technique, le décret redéfinit la structure des prix des hydrocarbures liquides afin de refléter fidèlement les coûts réels tout au long de la chaîne de valeur. Celle-ci intègre notamment l’approvisionnement international, le stockage, la fiscalité, le transport et la distribution. Le texte met également l’accent sur la transparence et la cohérence des mécanismes de calcul, à travers une définition précise des composantes techniques des prix.

La réforme entend par ailleurs clarifier et encadrer les relations entre l’État et les acteurs du secteur, notamment les importateurs, les sociétés de distribution, les détaillants et les gestionnaires de dépôts. Elle prévoit aussi l’institutionnalisation de la gestion du stock de sécurité, dont l’utilisation sera désormais soumise à une autorisation préalable, avec des conditions clairement définies pour sa reconstitution.

Interrogé sur la situation du gaz domestique, le ministre a tenu à rassurer l’opinion publique, écartant tout risque de pénurie. Il a indiqué que les données les plus récentes font état d’un stock de 4 361 tonnes de gaz domestique. Le léger dysfonctionnement observé la semaine précédente, a-t-il expliqué, était lié à des conditions météorologiques défavorables ayant retardé l’accostage des navires au port. Cette situation a été résolue dès l’arrivée du navire transportant la cargaison, lundi dernier.

S’agissant du coût budgétaire du soutien aux hydrocarbures, le ministre a rappelé que l’État a consacré près de 19 milliards d’anciennes ouguiyas aux subventions des carburants liquides en 2024. Pour les neuf premiers mois de l’année 2025, ce soutien s’est élevé à 5,5 milliards d’anciennes ouguiyas. En parallèle, l’État a pris en charge une subvention de 14 milliards d’anciennes ouguiyas pour le gaz domestique en 2024, et a dépensé 11 milliards d’anciennes ouguiyas supplémentaires sur les neuf premiers mois de 2025.

Le ministre a souligné que toute baisse future des prix de l’essence et du gasoil bénéficiera directement aux consommateurs. Il a estimé que ce projet de décret constitue un levier majeur pour renforcer le pouvoir d’achat des ménages et soutenir l’économie nationale, le commerce ainsi que la circulation des personnes et des marchandises.

Au-delà des hydrocarbures, Mohamed Ould Khaled a également fait le point sur les investissements en cours dans le secteur de l’électricité à Nouakchott. Quarante postes de transformation ont été construits, tandis que 150 kilomètres de lignes électriques sont en cours de déploiement. À ce jour, 73 kilomètres ont déjà été réalisés, le reste devant être achevé entre février et mars prochains. Les travaux comprennent également la pose de 25 kilomètres de câbles de 33 kilovolts et de 108 kilomètres de câbles de 15 kilovolts, en plus d’importants efforts de maintenance.

Enfin, le ministre a mis en avant les perspectives liées à l’exploitation du champ gazier commun avec le Sénégal. Il a annoncé que le secteur travaille actuellement à la construction d’une centrale électrique majeure à Injaago, d’une capacité de 225 mégawatts. Alimentée au gaz, cette infrastructure produira une énergie « nettement moins coûteuse » que celle issue du fuel lourd, ouvrant la voie à une transformation structurelle des secteurs industriel et économique de la Mauritanie.

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