L’armée malienne a récemment modifié sa version des faits concernant deux de ses soldats détenus pendant plusieurs mois. Alors qu’elle affirmait auparavant que ces derniers étaient retenus dans un camp de réfugiés situé sur un territoire étranger, elle a désormais retiré toute mention explicite de ce lieu, évitant notamment de citer la Mauritanie.
Dans un nouveau communiqué diffusé par l’état-major général des forces armées maliennes à la télévision nationale, dans l’émission « Défense citoyenne – L’hebdomadaire », il est simplement indiqué que les deux soldats se sont échappés d’un camp de réfugiés, sans précision géographique. Le texte ajoute qu’ils sont « rentrés chez eux », sans davantage de détails sur leur provenance.
Selon cette version révisée, leur fuite aurait été rendue possible grâce aux opérations menées par les forces armées maliennes le long de la zone frontalière, notamment dans la forêt de Ouagado. Cette formulation contraste avec celle du précédent communiqué, qui évoquait explicitement des opérations sur toute la bande frontalière entre le Mali et la Mauritanie, en plus de la même zone forestière.
Les deux militaires, dont une image fixe a été diffusée par la télévision d’État, auraient été enlevés le 9 octobre 2025 sur le fleuve Niger, alors qu’ils étaient en congé.
Cette évolution du discours intervient après une réaction ferme des autorités mauritaniennes. Le ministère des Affaires étrangères avait exprimé un rejet « catégorique » des accusations portées contre le pays, les qualifiant d’« infondées et profondément offensantes ». Il avait également dénoncé des allégations « déconcertantes et frustrantes », appelant Bamako à plus de rigueur et de responsabilité dans ses communications officielles.
Dans ce contexte tendu, les échanges diplomatiques se sont intensifiés. À Nouakchott, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Ould Salem Ould Marzouk, a reçu l’ambassadeur du Mali, Bakary Doumbia, soulignant à cette occasion la solidité des relations fraternelles entre les deux pays.
Le lendemain, à Bamako, son homologue malien Abdallah Diop s’est entretenu avec le chargé d’affaires de l’ambassade de Mauritanie. Les discussions ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment les enjeux sécuritaires actuels, dans une volonté apparente de préserver le dialogue et d’apaiser les tensions.
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