AGOA prolongée jusqu’en 2026 : un répit commercial sous conditions pour l’Afrique
Le Bureau du représentant américain au commerce a annoncé que le président des États-Unis, Donald Trump, a officiellement signé la prolongation du cadre commercial reliant Washington aux pays africains jusqu’au 31 décembre 2026.
Cette mesure porte sur le renouvellement de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), un mécanisme central de la politique commerciale américaine envers le continent. Ce programme permet actuellement à 32 dont la Mauritani pays d’Afrique subsaharienne, dont la Mauritanie, d’exporter vers le marché américain en bénéficiant d’exemptions de droits de douane sur une large gamme de produits. Arrivé initialement à échéance, l’AGOA voit ainsi sa validité étendue afin d’éviter toute rupture dans les échanges.
Dans un communiqué officiel, le représentant américain au commerce, Jameson Greer, a précisé que la loi promulguée par le président s’applique de manière rétroactive à compter du 30 septembre 2025, date de l’expiration précédente du dispositif. Cette approche vise à garantir la continuité juridique et commerciale pour les opérateurs économiques concernés.
La décision de prolonger l’AGOA pour une durée limitée répond à une logique de transition. Elle permet de sécuriser les flux d’exportation à court terme, tout en offrant aux autorités américaines le temps nécessaire pour évaluer d’éventuelles réformes du programme. Si cette solution provisoire apporte un signal rassurant aux entreprises et aux investisseurs africains, elle laisse néanmoins planer des incertitudes quant aux orientations futures du partenariat commercial à moyen et long terme.
Jameson Greer a par ailleurs indiqué que la future version de l’« AGOA du XXIᵉ siècle » devrait renforcer les exigences à l’égard des partenaires commerciaux africains, tout en favorisant une plus grande ouverture des marchés au profit des entreprises, des agriculteurs et des éleveurs américains. Il a affirmé son engagement à travailler avec le Congrès au cours de l’année à venir afin d’actualiser le programme et de l’aligner sur les priorités actuelles de la politique commerciale des États-Unis.
Pour les pays africains, cette extension représente un enjeu économique majeur. Elle permet de préserver les recettes issues des exportations, de protéger les emplois dans les secteurs tournés vers l’international et de soutenir les investissements, notamment dans les zones franches industrielles. Les exportations non pétrolières, qui constituent l’essentiel des échanges dans le cadre de l’AGOA, génèrent à elles seules plus de 6 milliards de dollars par an et alimentent des chaînes de valeur stratégiques dans plusieurs économies africaines.
Si cette prolongation d’un an sécurise les échanges immédiats, elle souligne également l’urgence pour l’Afrique d’accélérer la diversification de ses exportations et de renforcer sa compétitivité. Les négociations à venir sur une extension plus longue ou sur une modernisation en profondeur de l’AGOA seront déterminantes pour l’orientation de la stratégie commerciale africaine dans les années à venir.
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