Le placement sous mandat de dépôt des députées Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghame Achour Salem suscite une vive indignation au sein de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Le collectif de défense dénonce une grave atteinte à l’immunité parlementaire, des conditions d’interpellation jugées inhumaines, ainsi qu’une instrumentalisation de la justice visant à faire taire des voix engagées contre l’esclavage et les discriminations. Voici le communiqué tel que nous l’avons reçu.
COMMUNIQUE
Déclaration suite au placement sous mandat de dépôt en prison des Députées Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghame Achour Salem
NOUAKCHOTT, le 20 avril 2026
Nous informons l’opinion publique nationale et internationale que l’audience devant le procureur, qui s’est tenue ce jour en présence du collectif des avocats, a abouti au placement sous mandat de dépôt en prison des députées membres de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) Mariem Cheikh Dieng et Ghame Salem.
Les faits
Après 11 jours de kidnapping et séquestration des députées abolitionnistes Ghame Achour Salem et Mariem Cheikh Samba Dieng, l’honorable Dieng a disparu et était séquestrée par la police politique mauritanienne en compagnie de son bébé de moins de quatre mois : Biram Mohamed Diodie. Dès les premières heures de la matinée du lundi 20 avril 2026, un dispositif de sécurité a hermétiquement bouclé l’accès au tribunal de Nouakchott Sud. Cette mesure d’exclusion a visé l’ensemble des citoyens, y compris les proches les plus immédiats, notamment les maris des deux détenues, refoulés sans ménagement.
Lors de l’interrogatoire des deux députées, face à la première question posée par le procureur, la position des deux militantes anti-esclavagistes et de leur défense a été sans équivoque :
« Nous restons attachées à notre immunité parlementaire. »
Malgré ce rappel d’un principe constitutionnel fondamental, le procureur a choisi de délivrer un mandat de dépôt immédiat.
Notre position
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté :
- La violation flagrante de l’immunité parlementaire : ce privilège n’est pas une protection personnelle, mais une garantie démocratique essentielle pour l’exercice libre du mandat législatif.
- Le kidnapping et la séquestration des deux députées pendant plus de dix jours, en compagnie d’un nourrisson de moins de quatre mois, dans le but malsain de les contraindre au découragement et à l’abandon de leurs principes et de leur lutte.
- Les tentatives inhumaines des autorités politiques et sécuritaires de séparer la députée Mariem de son enfant, à travers des pressions et du chantage, évoquant un danger mortel pour le nourrisson afin de l’amener à présenter des excuses au chef de l’État Mohamed Ghazouani.
- L’acharnement du pouvoir, qualifié de dictature raciste et esclavagiste, dirigé par le Général Mohamed Ghazouani, contre les militants et militantes anti-esclavagistes de l’ONG IRA.
- L’obstruction à la justice et à la transparence : l’interdiction d’accès au tribunal pour le public et les familles constitue une atteinte grave au droit à une procédure juste et ouverte.
- L’instrumentalisation du pouvoir judiciaire : cette décision de détention préventive apparaît comme une mesure arbitraire visant à museler des voix dissidentes.
Appel à l’action
Nous appelons les organisations de défense des droits humains, les instances parlementaires internationales et tous les défenseurs des libertés civiles à se mobiliser contre cette arrestation qui bafoue l’État de droit.
La lutte pour la justice et le respect des procédures légales reste notre unique boussole. Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des députées ainsi que le respect strict de leurs droits constitutionnels.
Nouakchott, 20/04/2026
La commission de communication
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