Le Parlement algérien a franchi un pas historique : il a adopté une loi qualifiant la colonisation française de crime d’État, ravivant un dossier sensible au cœur des relations franco-algériennes. Paris est immédiatement monté au créneau, dénonçant ce qu’il considère comme une démarche hostile.
Acclamée par les députés, la loi incrimine non seulement les essais nucléaires réalisés sur le sol algérien, mais aussi le pillage systématique des richesses du pays pendant la colonisation. “Nous demanderons des réparations pour tout ce qui a été spolié”, a averti Fares Rahmani, député algérien, sans préciser le montant des sommes réclamées.
Du côté français, la riposte ne s’est pas fait attendre. Le Quai d’Orsay a dénoncé “une initiative hostile à la reprise du dialogue franco-algérien et au travail serein sur la mémoire commune”.
Mais cette loi a aussi une dimension politique interne. Pour Arnaud Benedetti, spécialiste des relations franco-algériennes, elle permet au pouvoir de renforcer sa légitimité et de consolider l’unité nationale en ravivant le récit historique anti-français.
Cette décision intervient à quelques semaines d’une visite potentielle en Algérie de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur français, qui pourrait se retrouver au cœur d’un contexte diplomatique déjà très tendu.
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