L’armée américaine a frappé vendredi 6 novembre un système de défense antiaérienne iranien sur l’île de Qeshm, à l’entrée du détroit d’Ormuz. Samedi, les Gardiens de la révolution ont répliqué sur le terrain politique en annonçant la levée de la limite de 2 000 kilomètres qu’ils s’imposaient pour la portée de leurs missiles.
Donald Trump a lui-même confirmé l’opération vendredi soir, la qualifiant de « mineure ». « Nous l’avons neutralisé en quinze minutes environ, peut-être cinq », a-t-il déclaré, sans préciser la cible. Selon les médias d’État iraniens, deux explosions ont été entendues dans la zone de Suza, sur Qeshm. L’agence Tasnim affirme que la défense iranienne a abattu un drone américain MQ-1 au-dessus de l’île, une information non vérifiée de source indépendante.
Il s’agit de la première frappe américaine depuis les élections de mi-mandat du 3 novembre, perdues par les républicains dans les deux chambres. Washington avait déjà mené lundi des frappes qualifiées de « défensives » sur Qeshm, l’île voisine d’Hengam et près de Bandar Abbas.
Téhéran pose ses conditions
Le porte-parole des Gardiens de la révolution, Hossein Mohebbi, a annoncé samedi que l’Iran ne respecterait plus le plafond de 2 000 km et continuerait d’accroître la portée de ses missiles. La veille, le porte-parole de l’armée, Mohammad Akraminia, avait répété que le détroit resterait fermé tant que Washington n’aurait pas accepté les conditions iraniennes : levée des sanctions et du blocus des ports, dégel des avoirs, réparations de guerre.
En parallèle, l’Iran étudie des propositions du Qatar, principal médiateur, selon deux responsables cités par l’agence AP. Le projet prévoit, sur deux jours, la levée du blocus américain et le dégel d’une partie des fonds iraniens, l’accès des inspecteurs de l’AIEA aux sites bombardés, puis une réouverture temporaire d’Ormuz. « Nous parlons à l’Iran », a assuré Donald Trump, tandis que la Maison-Blanche refusait de commenter.
La guerre entre les États-Unis et l’Iran dure depuis plus de huit mois. Selon l’AIEA, Téhéran détient 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 %.
Vendredi, Donald Trump s’est entretenu avec l’émir du Qatar d’une désescalade, et Pete Hegseth avec le ministre qatari de la Défense ; la suite dépend désormais de la réponse iranienne aux propositions de Doha.
