Les deux députés qui ont remplacé, début octobre, les élues déchues Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Achour Salem ont fait leurs premiers pas à la tribune de l’Assemblée nationale mardi 27 octobre. Youssef Ould Abou Medine (Sawab) a demandé au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de respecter son serment et de ne pas modifier la Constitution ; Habi Mint Rabah a contesté la politique d’endettement du gouvernement.
Les interventions ont eu lieu pendant l’examen d’un projet de loi autorisant la ratification d’un prêt de l’Institut espagnol de crédit officiel (ICO). Ce financement doit soutenir un projet de résilience climatique et de développement intégré dans le bassin du fleuve Sénégal, selon l’agence Al-Akhbar.
« Le peuple ne lui a pas donné un autre mandat »
Youssef Ould Abou Medine a rappelé que le chef de l’État, dans son second et dernier quinquennat, avait juré de ne pas changer la loi fondamentale. Il lui a demandé de ne pas revenir sur cet engagement, estimant que le pays « compte des compétences » capables de le diriger. Il a appelé à réunir en 2029 les conditions d’un libre choix des électeurs. Le député l’a aussi invité à consacrer les trois ans qui lui restent à la dette publique, à la fiscalité, aux libertés et aux services de base.
Habi Mint Rabah, ancienne esclave libérée en 2008 et militante du mouvement abolitionniste IRA, a jugé que la Mauritanie n’avait pas besoin de nouveaux prêts, affirmant que les précédents n’avaient pas atteint leurs objectifs. Elle a décrit le manque d’écoles, d’eau, d’électricité et de soins dans les quartiers de relogement de Nouakchott. Elle s’est aussi déclarée solidaire de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, des détenus de l’IRA et du général Lebatt Ould Maayouf.
Un débat relancé par le parti au pouvoir
Les deux élus siègent depuis que le Conseil constitutionnel a constaté, le 1er octobre, la perte du mandat de leurs prédécesseures, après le rejet de leur pourvoi par la Cour suprême le 29 septembre. Leurs propos interviennent alors que le parti Insaf a annoncé lundi vouloir porter au dialogue national les appels de sa base au maintien de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir.
Le bureau politique de l’Insaf doit maintenant examiner ces demandes.
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