À Dakar, le centre de gravité du pouvoir continue de se préciser. L’élection du Premier ministre Ousmane Sonko à la tête de la Coalition pour le changement et le peuple (CEPP) marque une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique sénégalais.
En prenant les commandes de cette coalition, le leader du Pastef renforce son influence au sein du camp présidentiel et consolide sa capacité à peser sur les grandes orientations de la séquence politique qui s’ouvre. La fonction gouvernementale lui donne déjà une place centrale dans l’exécutif ; la direction de la CEPP lui offre désormais un levier supplémentaire sur le terrain politique.
Cette évolution intervient alors que le Sénégal s’interroge sur la traduction concrète des promesses de rupture et de réforme portées par les nouvelles autorités. La question de l’articulation entre les institutions de l’État, les partis et les coalitions qui ont accompagné l’arrivée au pouvoir du nouveau régime s’impose progressivement dans le débat public.
Dans ce contexte, Ousmane Sonko apparaît plus que jamais comme l’un des principaux architectes de la prochaine étape politique sénégalaise. Son nouveau positionnement pourrait lui permettre de jouer un rôle déterminant dans la structuration de la majorité et dans la définition des priorités politiques à venir.
Au-delà des frontières sénégalaises, cette évolution est également suivie avec attention à Nouakchott. La Mauritanie et le Sénégal sont liés par des intérêts économiques et sécuritaires croissants, auxquels s’ajoutent les enjeux liés au développement énergétique, aux échanges transfrontaliers et à la gestion du bassin du fleuve Sénégal.
Dans une région où les équilibres politiques internes peuvent rapidement avoir des répercussions diplomatiques et économiques, le renforcement de la position d’Ousmane Sonko constitue donc un signal que les partenaires de Dakar, au premier rang desquels la Mauritanie, ne manqueront pas d’observer.
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