Une opposition revigorée fait vaciller le pouvoir de Ghazouani
Après plusieurs années de faible mobilisation, l’opposition mauritanienne semble renouer avec la démonstration de force populaire. À Nouakchott, des foules importantes ont investi les principales artères de la capitale lors d’un vaste rassemblement organisé par des partis d’opposition, des syndicats et des mouvements citoyens pour dénoncer la situation politique et économique du pays.
Les organisateurs évoquent une mobilisation exceptionnelle ayant réuni des centaines de milliers de personnes venues exprimer leur mécontentement face à la dégradation des conditions de vie, à la hausse du chômage et à l’augmentation continue des prix. Les manifestants ont également dénoncé la gouvernance du régime du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, dans un contexte marqué par des spéculations autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel.
Le chef de la Coalition de l’opposition démocratique, Moukhtar Ould Cheikhe, a déclaré que l’ampleur de la mobilisation traduisait “la profondeur des crises que traverse le pays”. Il a également dénoncé des pressions visant, selon lui, des parlementaires, des avocats et des journalistes, estimant que le climat politique devient de plus en plus préoccupant.
Dans son discours, il a vivement critiqué la flambée des prix des produits de première nécessité, notamment la viande et les produits laitiers, malgré les capacités de production locale du pays. Une situation qu’il a qualifiée d’“inacceptable” pour une population déjà fortement touchée par la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés économiques.
De son côté, le leader de l’opposition Biram Dah Abeid a lancé de sévères critiques contre le pouvoir en place, accusant le régime de mauvaise gouvernance sur les plans politique, économique et social. Il a estimé que les autorités ont échoué à répondre aux attentes des citoyens et à apporter des solutions concrètes aux problèmes quotidiens des Mauritaniens.
Les représentants syndicaux et plusieurs mouvements de jeunes présents au rassemblement ont affirmé que la contestation dépasse désormais les clivages politiques classiques. Selon eux, la colère populaire traduit une perte de confiance croissante envers les institutions et la gestion actuelle du pays.
L’opposition a également accusé certains médias proches du pouvoir de chercher à minimiser l’ampleur de la mobilisation, alors que, selon les organisateurs, cette démonstration populaire constitue l’une des plus importantes manifestations politiques enregistrées ces dernières années en Mauritanie.
À l’issue du rassemblement, plusieurs responsables de l’opposition ont appelé le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani à ouvrir un dialogue politique sérieux et à engager des réformes profondes pour éviter une aggravation de la crise économique et sociale que traverse le pays.
Moud Ahmed
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