Le Mali s’engage dans une initiative structurante avec le démarrage annoncé, en avril 2026, de la première phase du projet de navigation sur le fleuve Sénégal. Cette avancée a été actée lors de la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), tenue les 30 et 31 janvier 2026 à Nouakchott, en Mauritanie.
À l’issue des travaux, la Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation (SOGENAV) a reçu un mandat officiel pour conduire les opérations techniques indispensables à la remise en service de la navigation fluviale. Les interventions prévues comprennent le dragage du chenal, l’installation d’un balisage conforme aux normes de sécurité et la réhabilitation des escales situées le long du fleuve.
Évaluée à 7,38 milliards de FCFA, cette première phase vise à établir une liaison navigable entre Saint-Louis, au Sénégal, et Ambidédi, dans la région de Kayes au Mali. Le schéma logistique repose sur l’acheminement des marchandises via le port de Saint-Louis, puis leur transport vers l’intérieur du Mali par barges fluviales.
Créée en 2011 par les quatre États membres de l’OMVS, la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, la SOGENAV est chargée de relancer et de développer durablement la navigation sur le fleuve Sénégal. Une cérémonie officielle marquera le lancement effectif des travaux en avril 2026.
Si l’enveloppe financière annoncée concerne uniquement la phase initiale, le programme global s’inscrit dans une perspective pluriannuelle et nécessitera des investissements supplémentaires. À terme, il pourrait contribuer à la baisse des coûts logistiques, à la diversification des voies d’approvisionnement du Mali et au renforcement de la sécurité des échanges commerciaux.
Au-delà du Mali, le projet revêt une portée régionale. Le port d’Ambidédi est appelé à devenir un pôle logistique de référence, susceptible de desservir d’autres pays enclavés de la sous-région, notamment le Niger et le Burkina Faso. Ambitieux et techniquement exigeant, le chantier entre désormais dans sa phase opérationnelle.
Cette relance de la navigation fluviale ouvre ainsi de nouvelles perspectives économiques et commerciales. Reste à savoir dans quelle mesure elle pourra, sur le long terme, transformer durablement l’économie malienne et renforcer l’intégration régionale.
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