Le gouvernement mauritanien semble décidé à reprendre la main sur la question de la reddition des comptes. Après la publication du dernier rapport de la Cour des comptes, révélant de nombreuses irrégularités dans la gestion publique, le Premier ministre Mokhtar Ould Ajay a convoqué ses ministres pour leur adresser un message clair : les manquements ne resteront pas sans suite.
Sous sa présidence, une commission ministérielle a été constituée, réunissant les titulaires des portefeuilles concernés et les directeurs d’institutions citées dans le rapport. À l’issue de cette rencontre, Ould Ajay a demandé que soient proposées, dans un délai bref, les sanctions appropriées et qu’un plan d’action correctif intégrant les réformes recommandées par la Cour soit soumis aux autorités.
Selon le parti Insaf, cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives du président Mohamed Ould Ghazouani, qui a appelé à l’application stricte des recommandations de la juridiction financière. En filigrane, il s’agit d’un test politique et moral pour une administration longtemps accusée de complaisance face aux dérives de gestion.
Au-delà du message institutionnel, cette séquence illustre un tournant stratégique dans la gouvernance du régime Ghazouani : en plaçant le curseur sur la transparence et la responsabilité, le pouvoir cherche à rassurer une opinion publique de plus en plus exigeante et à renforcer sa légitimité politique.
Reste à savoir si cette volonté se traduira par des mesures concrètes et des sanctions effectives — ou si elle se limitera à un affichage politique destiné à calmer la tempête médiatique. Car dans un pays où la culture de l’impunité a souvent résisté à la réforme, le vrai défi pour Ould Ajay sera de transformer la promesse de transparence en acte de gouvernance.
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