Face à une rumeur médiatique l’accusant d’être une plaque tournante pour le transit d’armes ukrainiennes vers le Sahel, la Mauritanie a opposé un démenti catégorique et une leçon de diplomatie. Le gouvernement nie avec fermeté ces allégations, qu’il juge infondées et dénuées de toute preuve tangible.
Plutôt que de simplement nier, Nouakchott a saisi l’occasion pour rappeler la fondation de sa politique étrangère : une stratégie de sécurité éprouvée, en place depuis plus de dix ans, qui a fait du pays un modèle de stabilité dans une région en proie aux crises. Cette approche repose sur une conviction inébranlable : la sécurité de la Mauritanie est inextricablement liée à celle de ses voisins.
Une diplomatie du « peu de paroles, beaucoup d’actions »
Le communiqué officiel dépeint une nation agile et principielle. Sa doctrine ? Le multilatéralisme, le strict respect de la Charte de l’ONU, la résolution pacifique des conflits et une neutralité refusant de s’enliser dans les tensions géopolitiques. Pour la Mauritanie, déstabiliser un voisin, c’est s’exposer soi-même à l’instabilité. Cette vision lucide guide son engagement en faveur d’une sécurité collective sahélienne, qu’elle soutient par un travail discret de médiation, de logistique et de partage de renseignements.
Entre Moscou et Kiev : la cohérence des principes face à la realpolitik
La position mauritanienne sur la guerre en Ukraine illustre sa complexité. Le pays a voté à l’ONU pour condamner la violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, mais s’est opposé à la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme. Un équilibre que certains qualifient de duplicité, mais que Nouakchott revendique comme de la lucidité. Cette position, affirme-t-elle, n’est pas dictée par la pression ou l’aide internationale, mais par la profondeur de ses liens historiques avec Moscou (depuis 1965) et la jeunesse de ses relations avec Kiev.
Un dialogue franc avec les putschistes
Cette approche se manifeste aussi au Mali, où la Mauritanie dit entretenir un dialogue franc et direct avec les autorités de la transition. Elle affirme que Bamako comprend sa posture, fondée sur l’idée que préserver la stabilité d’un seul pays, c’est protéger l’ensemble de la région d’un effondrement en cascade.
L’origine de la rumeur : une accusation venue de Moscou
Ces démentis font suite aux accusations d’Alexander Ivanov, directeur de l’Association russe des officiers de sécurité internationale. Ce dernier a affirmé à l’agence TASS que des armes et des combattants ukrainiens transitaient par la Mauritanie vers le Mali, et que l’ambassade d’Ukraine à Nouakchott servirait de couverture à ces activités. Il a également pointé du doigt le rôle de la diplomatie ukrainienne en Algérie dans la livraison de drones.
En conclusion, la Mauritanie ne se contente pas de rejeter ces accusations ; elle réaffirme sa ligne de conduite : une diplomatie de retenue et de fermeté princière, convaincue que dans le Sahel, la stabilité n’a qu’un seul propriétaire : le collectif.
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