Un cri pour la dignité, une lutte contre la corruption
Des milliers de jeunes Marocains manifestent depuis samedi à travers le pays, répondant à l’appel du collectif GenZ 212, un mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux. Leur revendication : une révision des priorités nationales, dans un contexte de crise sociale marquée par la détérioration des services publics.
Le mouvement a émergé après le décès de huit femmes enceintes dans un hôpital d’Agadir, perçu comme le symbole de l’abandon du secteur de la santé. Pendant ce temps, l’État investit massivement – plus de 14 milliards de dirhams – dans des infrastructures sportives en vue des compétitions internationales.
Portée par une jeunesse connectée mais précarisée, la contestation dénonce également le chômage massif (près de 37 % chez les jeunes), la vie chère et la corruption. GenZ 212, qui regroupe plus de 120 000 membres sur Discord, refuse toute affiliation politique et prône une mobilisation pacifique.
Des heurts ont toutefois éclaté mardi dans plusieurs villes, faisant des dizaines de blessés et plus de 400 arrestations. Les autorités ont tenté d’apaiser les tensions en limogeant le directeur de l’hôpital d’Agadir.
Ce mouvement, sans leader identifié, marque une rupture générationnelle : organisé via Telegram et Discord, il rappelle d’autres soulèvements menés par la jeunesse en Asie ou en Afrique. Pour les observateurs, il traduit un ras-le-bol profond, et pourrait bien redéfinir les contours de l’engagement citoyen au Maroc.
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