Le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Djay, a présenté samedi 7 novembre son programme de gouvernement devant l’Assemblée nationale. Il annonce une révision du mécanisme de fixation des prix des carburants, l’extension du plafonnement des prix à la viande et une compensation de l’inflation pour les salariés du public et les retraités.
Selon le chef du gouvernement, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a demandé à l’exécutif de se préparer à une crise internationale durable, au moins jusqu’à la mi-2027, avec des plans en cas de prolongation.
Prix, salaires, factures
La réforme du prix des hydrocarbures liquides et gazeux vise, d’après Sahara Medias, à « limiter la transmission » des fluctuations des cours mondiaux aux consommateurs. Le plafonnement en vigueur sur le blé, le riz, le sucre et l’huile est maintenu, et la viande s’y ajoute. Les aliments pour bétail pourront être vendus à prix coûtant si nécessaire.
Les salaires des fonctionnaires et les pensions seront ajustés à l’inflation, par des hausses ou des aides temporaires. Des négociations sont annoncées avec les syndicats pour les salariés relevant de la convention collective. L’État prendra en charge, pour un temps, une partie des factures d’eau et d’électricité des ménages modestes. Aucun montant n’a été précisé.
L’ESSENTIEL
- Croissance moyenne supérieure à 4 % sur 2019-2026, selon le Premier ministre
- Dette publique extérieure passée sous 40 % du PIB cette année
- Vision « Mauritanie 2060 » annoncée pour le centenaire de l’indépendance
Mokhtar Ould Djay a aussi admis que le bilan de son équipe restait en deçà des ambitions présidentielles et des attentes des citoyens. Il a cité l’incendie de deux centrales électriques, qui a perturbé l’approvisionnement, et promis de corriger les « dysfonctionnements structurels » de la SOMELEC, en tenant compte des conclusions de la commission d’enquête indépendante.
Justice et vision 2060
Le programme prévoit une réforme de la justice, un renforcement de la lutte contre la corruption et des réformes pour attirer l’investissement privé. Selon Al Akhbar, le Premier ministre a promis de lancer « sans retard » l’élaboration d’une vision nationale à l’horizon 2060, ouverte aux partis, au secteur privé et à la société civile.
Les députés débattront du programme et voteront la confiance lundi 9 novembre.
