Les forces américaines ont frappé vendredi 6 novembre un système de défense antiaérienne iranien, a annoncé Donald Trump. Les médias d’État iraniens font état de deux explosions dans le secteur de Suza, sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. L’opération intervient alors que Téhéran examine un plan de désescalade proposé par le Qatar.
Le président américain a qualifié l’opération de « mineure ». « Nous l’avons neutralisé en environ quinze minutes, peut-être cinq », a-t-il déclaré, sans préciser la cible. Aucun bilan humain n’a été communiqué. Selon l’agence AP, il s’agit des premières frappes depuis les élections de mi-mandat du 3 novembre, perdues par les républicains dans les deux chambres du Congrès.
Lundi 2 novembre déjà, l’armée américaine avait mené des frappes présentées comme « défensives » : des détonations avaient été entendues à Qeshm, à Hengam et près de Bandar Abbas.
Un accord-passerelle en deux jours
Médiateur principal, Doha a soumis à Téhéran un plan en deux temps. Le premier jour, Washington lèverait son blocus des ports iraniens et débloquerait une partie des avoirs gelés ; en échange, l’Iran ouvrirait aux inspecteurs de l’AIEA les sites nucléaires bombardés. Le second jour, le détroit d’Ormuz rouvrirait de façon temporaire, selon un arrangement irano-omanais que Washington n’a pas validé. Des négociations plus larges sur le stock d’uranium hautement enrichi suivraient.
L’ESSENTIEL
- 2 explosions signalées à Qeshm vendredi, selon les médias d’État iraniens
- 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % : dernier stock vérifié par l’AIEA (juin 2025)
- Jusqu’à 20 millions de dollars offerts par le CENTCOM pour des informations sur le programme nucléaire
Selon deux responsables moyen-orientaux cités par AP, l’Iran refuse pour l’heure de négocier sur le nucléaire tant que ses conditions ne sont pas remplies : fin du blocus, levée des sanctions, dégel des avoirs, indemnisation des dégâts de guerre et arrêt des hostilités régionales, y compris des opérations israéliennes au Liban.
« Nous parlons à l’Iran. Nous l’avons toujours fait », a assuré Donald Trump, qui s’est entretenu vendredi avec l’émir du Qatar. La Maison-Blanche n’a pas commenté le plan qatari. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a de son côté consulté ses homologues irakien et tunisien sur une reprise des pourparlers.
Téhéran n’a pas encore donné de réponse officielle à la proposition de Doha.
