Le Niger accuse officiellement le Tchad d’avoir mené une frappe de drone sur son territoire, dans la nuit du 23 au 24 octobre, dans la région d’Agadez. Deux civils ont été tués, selon Niamey, qui affirme que l’opération a bénéficié de « l’appui » de la France et annonce saisir l’ONU et l’Union africaine.
D’après le communiqué gouvernemental lu à la télévision nationale lundi 26 octobre, la frappe a visé la zone d’Émiloulou, dans le nord du pays, vers 1 heure du matin samedi. Outre les deux morts, elle a fait plusieurs blessés et endommagé des véhicules.
Niamey assure que ses services de sécurité et ses autorités judiciaires ont établi que le drone avait été lancé depuis le territoire tchadien, sur la base d’éléments « matériels et techniques concordants ». Ces éléments n’ont pas été rendus publics ; le gouvernement indique qu’il les transmettra aux instances internationales. Les accusations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Ambassadeur convoqué, ONU saisie
L’ESSENTIEL
- Frappe le 24 octobre vers 1 h, zone d’Émiloulou (Agadez)
- Bilan selon Niamey : 2 civils tués, plusieurs blessés
- Saisine du Conseil de sécurité de l’ONU et du CPS de l’UA
Le gouvernement nigérien convoque l’ambassadeur du Tchad pour une protestation officielle, réclame une enquête internationale indépendante, exige la fin des « actions hostiles » et des réparations. Il dit tenir N’Djamena pour « entièrement responsable » et se réserve le droit d’agir au titre de l’article 51 de la Charte des Nations unies, relatif à la légitime défense, tout en affirmant ne pas rechercher l’affrontement. La surveillance de l’espace aérien et des frontières sera renforcée.
Ni N’Djamena ni Paris n’avaient réagi officiellement mardi matin.
Les relations entre les deux voisins se sont nettement dégradées ces derniers mois. Niamey reproche au Tchad d’offrir une « profondeur stratégique » à des groupes armés qui s’en prennent à ses populations et à ses infrastructures énergétiques. En septembre, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine avait accusé, à la tribune de l’ONU, le Tchad et la France de préparer une attaque contre le Niger, sans présenter de preuves. L’armée tchadienne mène par ailleurs des opérations aériennes dans le Tibesti, près de la frontière nigérienne.
La plainte nigérienne doit désormais être examinée par le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.
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