Le député Biram Dah Abeid a animé, ce dimanche, une conférence de presse au siège de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), situé à City Plage. Devant les journalistes, il a fait état de menaces sérieuses contre sa personne, affirmant être la cible d’un plan visant à attenter à sa vie.
Selon l’élu, des acteurs liés au régime chercheraient à le faire taire afin d’empêcher la mise en lumière de pratiques qu’il qualifie d’inacceptables. Il a dénoncé, à ce propos, la diffusion par les autorités d’un narratif présentant les soutiens aux mouvements de protestation comme des étrangers expulsés, une version des faits qu’il a catégoriquement rejetée.
Biram Dah Abeid a décrit le climat politique actuel comme extrêmement tendu, évoquant une situation assimilable à une « guerre de rue ». Il a souligné que son engagement dépasse, selon lui, la seule défense de la communauté haratine, pour s’inscrire dans une lutte plus large en faveur de tous les citoyens qu’il estime victimes d’exclusion et d’injustice.
L’élu a également réfuté toute tentative de confrontation avec le cheikh Ould Sidi Yahya. Il a précisé que certaines déclarations anciennes à son sujet étaient liées à des positions antérieures sur la question de l’esclavage, dénonçant par ailleurs ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique destinée à provoquer un conflit artificiel.
Revenant sur l’histoire politique récente, Biram Dah Abeid a cité l’exemple de Messaoud Ould Boulkheir, qu’il a présenté comme une figure majeure de la défense des Haratin. Il a estimé que ce dernier avait longtemps fait face à l’hostilité des régimes successifs en raison de ses ambitions politiques, avant de bénéficier d’une reconnaissance officielle après y avoir renoncé.
Dans son intervention, le député a vivement critiqué ce qu’il a qualifié de marginalisation persistante de la communauté haratine. Il a accusé les autorités de favoriser leur éviction foncière dans le quartier de Tevragh-Zeina, de limiter leur accès aux postes de responsabilité et de laisser certains discours religieux, selon lui, contribuer à leur maintien dans la dépendance.
Enfin, Biram Dah Abeid a exprimé son étonnement face à l’absence de réaction des instances parlementaires concernant les menaces qu’il affirme avoir reçues, ainsi que celles visant la militante Ista Jallow. Il y voit le signe d’un dysfonctionnement institutionnel et d’une fragilité du pouvoir exécutif face aux enjeux actuels.
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