Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a réaffirmé vendredi 23 octobre à Istanbul, face à son homologue turc Hakan Fidan, le « rejet catégorique » par Le Caire de la ratification du mémorandum maritime signé en 2019 entre la Turquie et la Libye. Le texte a été approuvé mardi à l’unanimité par la Chambre des représentants, basée dans l’est libyen.
La rencontre s’est tenue en marge de réunions associant Ankara et trois pays européens. Selon la presse égyptienne, Badr Abdelatty a appelé au respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, notamment sur les zones économiques exclusives et le plateau continental. Hakan Fidan a dit « comprendre » les préoccupations égyptiennes et plaidé pour la poursuite de la concertation.
Le revirement du camp Haftar
Le vote du 20 octobre marque un tournant. Le Parlement de l’Est, allié du maréchal Khalifa Haftar, a aussi abrogé deux résolutions de 2020 : l’une rejetait les accords avec la Turquie, l’autre rompait les relations politiques avec Ankara. Saddam Haftar a salué une étape pour « dépasser les différends du passé ». À Tripoli, le gouvernement d’Abdelhamid Dbeibah a parlé d’une « évolution positive ».
Les réactions hostiles ont été immédiates. Le Caire juge le mémorandum « nul » et sans effet juridique sur ses droits. Athènes estime que la ratification ne change rien à son caractère « illégal », la Turquie et la Libye n’ayant pas, selon elle, de côtes adjacentes ou se faisant face. Chypre l’a condamné, l’Union européenne y voit une atteinte aux droits d’États tiers. Jeudi, le ministère turc de la Défense a répliqué que des « évaluations unilatérales » ne pouvaient invalider un accord fondé, selon lui, sur le droit international.
L’ESSENTIEL
- Mémorandum signé en novembre 2019 entre Ankara et l’ex-gouvernement d’union nationale de Tripoli
- Ratifié à l’unanimité le 20 octobre 2026 par le Parlement de l’Est
- Rejeté par l’Égypte, la Grèce, Chypre et l’UE
En réponse au texte turco-libyen, l’Égypte et la Grèce avaient signé en août 2020 leur propre accord de délimitation maritime, dans une zone où d’importantes découvertes gazières attisent les rivalités. La Turquie n’est pas partie à la convention de 1982.
Athènes a annoncé qu’elle prendrait « toutes les mesures appropriées » pour protéger ses droits souverains.
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