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MAURITANIE : Point de Mire/Ould Maouloud. Portrait d’un fou politique.

C’est un véritable inconnu du grand public. Son nom ne dit rien  pour la ménagère d’ Aéré Goléré, de la vendeuse de « Meneije » de Néma, de la teinturière de Kaédi ou de la ponceuse de perle de Zoueirat. Et pourtant depuis son très jeune âge, il lutte pour toutes ces femmes. Pour leur émancipation et pour leur  liberté, comme d’ailleurs il lutte pour un devenir meilleur pour le charretier de Male,  le vendeur de charbon de Kiffa,  le pêcheur de M’Bagne,  le cultivateur d’El Bezoule dans la vallée ou le tailleur de pierre d’Aioun. Lui c’est Mohamed Ould Maouloud, le plus intellectuel des intellectuels  politiques et académiques. Lui c’est Mohamed Ould Maouloud  le révolutionnaire qui s’est auto- forgé lui-même sur un modèle politique rare  qui suscite encore la  curiosité de tous les régimes qui se sont succédés depuis 1960.

Quand il est né un jour de cette année 1953 dans une des concessions de la ville sainte de Tidjikdja aux  ruelles sombres et tumultueuses,  la « Guezana » de  la « batha »  et la jeteuse de cauris  de la vallée du fleuve avaient   toutes deux prédis : « ce nouveau-né  fera parler de lui tôt ou tard ».

19 ans plus tard, les gens se sont rendus compte que les cauris  et les croûtes de chameaux avaient  vus juste. Le nouveau né de Tidjikdja, devenu âgé de 19 ans est renvoyé définitivement du lycée pour faits  de grève et de troubles au sein de son établissement. Avant gout de ce qui attendait  le pays. Le « rebel lion »  avait grandi.

  • 1979, il obtient son diplôme de baccalauréat de lettres.
  • En 1981, il s’inscrit à l’université de Dakar, où il a obtenu sans difficulté un  diplôme d’Etudes Approfondies (DEA). Il revient au pays et enseigne à l’université de Nouakchott.
  • En 2000, il soutient une thèse de Doctorat en histoire à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne. Sa soutenance est annotée  avec mention excellente et félicitation du Jury. Il enseigne à l’université de Nouakchott jusqu’à la date de sa retraite en 2018.
  • De 1970 à 1972, il est responsable à l’organisation de la direction nationale du Comité Provisoire d’Action Scolaire et Secondaire (CPASS) et membre du groupe politique Sayhat El Madhloum (le Cri de l’Opprimé) journal ronéotypé d’une mouvance clandestine.
  • En 1971, il devient membre du comité qui a dirigé dans la clandestinité le Mouvement National Démocratique (MND) pour la ville de Nouakchott.
  • En 1972, Moctar Ould Daddah est à la tête du pays depuis 12 ans. Mohamed Ould Maouloud intègre la direction centrale du mouvement  qui impose  des réformes politiques et économiques profondes : Révision des accords avec la France, Nationalisation de la MIFERMA, sortie de la zone franc, création de la monnaie nationale.
  • De 1974 à 1975, il dirige au sein de son mouvement l’aile radicale qui s’oppose à l’intégration du MND au Parti du Peuple Mauritanien (PPM).
  • En 1976 il provoque la scission de sa mouvance avec les intégrationnistes (chartistes). Cette année là aussi,  il se bat  pour mettre fin à l’arrêt de l’engagement militaire du  pays dans la  guerre du Sahara qu’il  qualifie d’injuste,  fratricide et coûteuse en  vies humaines, en sacrifices matériels et financiers.
  • En 1979, une année après l’arrivée des militaires au pouvoir c’est la fin du conflit du Sahara. Il se consacre à la reconstruction du MND qu’il encadre jusqu’à sa dissolution en 1998.
  • Durant les années 80, il s’active pour combattre l’influence de l’extrémisme politique violent à tous les niveaux.
  • Jusqu’en 1993,  et en pleines années de braise, il initie des rencontres pour désamorcer la crise entre la Mauritanie et le Sénégal. C’est sous son influence que s’est tenu  le séminaire du 30 mars 1989 qui a lancé les prémices d’un accord de paix entre les deux pays.
  • Sa position tranchée sur les événements douloureux de 1989  le contraint à l’exil. il revient au pays plus tard  pour participer à l’espoir soulevé par la perspective d’ouverture politique. Il dirige alors  l’action du MND pour la fondation de l’Union des Forces Démocratiques (l’UFD) et pour l’élection présidentielle de 1992. Suite aux divergences et à la scission au sein de l’UFD,  le MND décide de dissoudre son organisation clandestine et tient un congrès extraordinaire en 1998.  l’UFD  cède la place à  l’Union des Forces de Progrès (UFP). Le Dr. Mohamed Ould Maouloud est élu à la tête de la nouvelle organisation.
  • 2005. Nouveau coup d’état dans le pays. Alors  que certains  politiciens  « giratoires » cherchent à séduire les auteurs du vol du pouvoir à main  armée  avec effraction  démocratique, « le casse-pied » Mohamed Ould Maouloud condamne cette prise du pouvoir. Par cette réaction  révolutionnaire il se place  sur la ligne de mire des militaires.
  • 2008. Encore un autre changement de régime sous une forme à peine voilée. Pourtant  à la veille de ce  coup d’état, Mohamed Maouloud  avait  lancé la sonnette d’alarme, au cours d’une conférence de presse à   la fin  de laquelle un communiqué distribué avertissait  l’opinion sur l’imminence de ce  coup d’Etat et prévenait sur ses conséquences catastrophiques pour le pays.  Moins de deux heures après le vol du pouvoir à « l’arrachée » par Ould Abdel Aziz,  Mohamed Ould Maouloud  ce «  bâton »  toujours dans les roues du pouvoir condamne le coup d’état  sur les ondes de RFI et  de la chaine AL Jazzera, appelant  même si il le faut à la confrontation pour faire échouer le coup d’Etat.

Mais qui est donc ce trouble fêtes politiques et fêtes militaires, qui depuis 1972 est insatisfait ?

Ce « trouble fêtes » c’est  Mohamed Ould Maouloud. Un véritable malade mental, obsédé par la lutte contre l’injustice, l’oppression des minorités, la gabegie, la dictature, les inégalités sociales. Brillant  intellectuel,  c’est un modèle politique fabriqué en pièce unique. Un homme de principe et de conviction  insensible à la corruption politique ou matérielle. Indomptable, même par les meilleurs de la cavalerie militaire, c’est un roseau qui plie  mais ne rompt pas  aux passages des tempêtes, des cyclones, et de toutes les intempéries politiques. Depuis Daddah son portrait  est  affiché dans tous les services de renseignements comme  personnalité politique à abattre. C’est une espèce de philosophe politique  incontrôlable fabriqué à partir d’une matière  politique solide dont les  neutrons  sont impossibles à neutraliser quand il fait face  à une injustice.

Plus connu chez les négros africains et les harratines  que chez les arabo berbères, plus connu dans les milieux intellectuels et politiques que dans les milieux de la classe ouvrière ou les structures de masse de base, ce Gandhi plus violent par l’orale que par les actes est indéfinissable.

Durant les dix dernières années de braises du régime totalitaire de Ould Abdel Aziz, il n’a pas  manqué  une seule  occasion de critiquer avec violence et virulence cet  homme qui semait la terreur des les milieux politiques même les plus résistants.

Mohamed Ould Maouloud qui était le seul et vrai ennemi N° 1 de Ould Abdel Aziz, est un malade incurable. Un cheval de la Camargue indomptable. Un modèle unique dans son genre. Le seul mauritanien qui, depuis son adolescence ne souffle  que le chaud. Qui n’a jamais soufflé et le chaud et  le froid  comme certains  de ses semblables hommes  politiques de véritables girouettes conditionnées par la direction d’où vient le vent, dépendants donc  de météos aléatoires.

Mohamed Ould Maouloud est  surement le seul mauritanien qui, avant de se coucher le soir  prie Allah que le passif humanitaire soit réglé. Que la justice devienne indépendante. Que l’armée soit  réellement républicaine. Que toutes les injustices sociales soient  levées. Que la vendeuse de couscous de Néma, la teinturière de Kaédi, l’employée de maison de Bababé, la vendeuse de légume de Zaatar vivent dans les mêmes conditions que les femmes du quartier  E. Nord de Tevragh Zeina ou de  Dubai de Nouadhibou.

J’ai comme l’impression que ce monsieur est unique dans son genre. C’est un obsédé politique. Un de ces obsédés politiques de l’envergure d’Ahmed Daddah, qui préfèrent mourir dans la pauvreté que de vivre à l’aise abandonnant  à leurs sorts les mauritaniens qui souffrent sous le seuil le plus bas de la pauvreté dans la misère.

Des fous et des malades mentaux psychiques  on en voit partout. Des malades mentaux politiques aussi. Mohamed Ould Maouloud est l’un de ces malades incurables par l’administration d’avantages matériels ou financiers. C’est un patrimoine national qui doit être classé « espèce protégée » parce que simplement  son espèce « pièce de musée politique » est en voie de disparition.

Mohamed Chighali

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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