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Mauritanie : Le Parrain, l’Alliance et le Divorce / Aziz Ghazouani: L’histoure d’une guerre reportée

Les observateurs sont pratiquement unanimes pour qualifier les péripéties de la lutte d’influence entre le nouveau président Ghazouani et son prédécesseur Ould Abdel Aziz de ‘’ bras de fer’’.
Afin de cerner les non-dits de ce duel de titans, faut-il d’abord s’efforcer de comprendre pourquoi l’ex homme fort de Nouakchott, pendant deux mandats présidentiels menée de manière quasiment personnalisée et de main de fer, aurait engagé cette épreuve de force, seulement trois mois après sa sortie du pouvoir ! Six hypothèses seraient envisageables :

– Y avait-il un accord secret entre les deux amis qui n’a pas été respecté et s’il y en avait, quelle était la partie garante du deal fait en catimini entre les anciens frères d’armes, sans y impliquer bizarrement et dangereusement les hauts gradés militaires et sécuritaires, dont le risque de se passer en de telles circonstances caractérisées par une véritable pression politique sur la course à la magistrature suprême dont des candidats de poids politique et social incontesté, de leur bénédiction, est très élevé ?
– Quant au risque civil, on peut sans passer, car les mauritaniens se sont illustrés au cours des dernières années, notamment pour les éligibles au parlement, aux régions et aux communes, à un suivisme aveugle du maitre des cieux.
– Aziz aurait-il voulu, en poussant la barre très haut, dévoiler les faiblesses de son ami de longue date, ‘’le Marabout’’ comme il l’appelle, afin de prouver à l’opinion son incapacité à gouverner ?
– Ou bien l’ancien président aurait été déçu par la loyauté rapidement ébranlée, des hommes du sérail qui avaient travaillé à sa solde sans jamais mettre en question ou en doute sa manière de gouverner et sur lesquels il avait misé pour un éventuel retour au pouvoir ?
– Ou encore, ne pouvait-il par égo ne pas supporter, de voir la Mauritanie gouvernée par un autre président que l’ex général et président pendant 10 ans Mohamed Ould Abdel Aziz?
– Ou alors, toute cette histoire ne serait-elle qu’une mise en scène machiavélique pour préparer Aziz à jouer un rôle d’opposant de premier plan enfin de légitimer son retour certain, avec le feu donné par ce dernier de lui réserver tous les mauvais, vils et indignes traitements voire le jeter en prison afin de convaincre les plus récalcitrants dont certains  croient encore à ce possible scénario ?
Même avec l’évolution drastique, continue de la détention de l’ex Chef de l’Etat Ould Abdel Aziz à l’école de police de Nouakchott avant l’assignation en residence et les multiples sorties médiatique de ses avocats pour dénoncer les conditions pénitentiaires draconiennes dans lesquelles se trouvait leur client, dont l’installation de caméras de surveillance dans sa cellule, également objet de travaux de maçonnerie de grande envergure », dont la construction d’un mur, et d’une tranchée tout autour de la cellule qu’il occupe », afin « de troubler ses moments de repos, et de le priver de sommeil aux moments choisis », tous ces facteurs conjugués n’exclut pas cette dernière hypothèse de farce bien jouée pour berner le peuple, sauf que ce jeu à deux, laisse place au doute en présence de puissants Généraux qui s’impatientent et se bousculent pour faire le relais au palais.
Ceci dit, la troisième et deuxième pistes précitées dans le décryptage de bras de fer qui entre dans son 30e mois, on peut clairement percevoir qu’elles pourraient se combiner dans ce qu’on peut être tenté d’appeler ‘’la stratégie offensive et défensive de Aziz’’.

Autrement dit, montrer à l’opinion qu’il est victime de la trahison de son compagnon de toujours, qu’il a installé aux commandes contre vents et marées et qui se serait mis à persécuter ses hommes et nuire à ses intérêts, faisant ainsi de lui le premier président de l’histoire de la Mauritanie à être inculpé pour détournements de fonds publics, blanchissement d’argent et trafic d’influence.

Par la même occasion, Ould Abdel Aziz espèrerait à travers ce fin stratège que Ghazouani se dévoile sous la véritable image qu’il voulait donner de lui : un « Marabout » roublard et perfide, n’hésitant pas à mordre la main de son bienfaiteur.

Les vraisemblables origines du deal

Quelque mois bien avant les élections présidentielles de juin 2019, tout juste après que l’ex président ait donné l’ordre d’enterrer l’option de troisième mandat, les rumeurs circulaient sur des accords secrets entre les deux anciens frères d’armes convenus sous le parrainage et la bénédiction de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Un accord qui a été difficile à concrétiser. En effet et selon les connaisseurs et proches collaborateurs d’Ould Abdel Aziz, ce dernier ne pouvait céder aussi facilement et à ses risques et périls le palais, lui qui ne vivait que pour et avec le pouvoir.
Il avait muri donc, dans le cadre de stratégie pour aspirer à devenir le président à vie de la Mauritanie, plusieurs tactiques sinon plusieurs options pour maintenir le pouvoir en sa possession dont celle d’imposé ce forcing visant à modifier la consti

tution afin de la tailler sur mesure d’un troisième mandat, mettant à contribution la loyauté des généraux et l’engouement des parlementaires.
Une option trop risquée
Mais ce choix avait trop des risques, même si les plus proches avaient apporté leur soutien à cette alternative, sauf que l’idée, de sortir comme l’ancien Chef de l’Etat feu Ely ould Mohamed Vall du palais ocre le tenaillait.
C’est ce qu’indiquent sources concordantes et très proches de l’ex président, selon lesquelles, Aziz avait même consulté le président français Emmanuel Macron, par rapport à l’option de troisième mandat, au cours de sa dernière visite à Nouakchott, avant que ce dernier ne lui déconseille une telle aventure politique qui pourrait basculer la Mauritanie dans le cercle des Etats considérés par les puissances de pays dictatoriaux et donc à radier de la liste des Etats éligibles à leurs appuis sur tous les plans.
C’est donc avec un gout d’amertume et d’impuissance qu’Aziz, décida, tout en gardant la main sur l’option de troisième mandat durant presque deux ans, d’opter pour la piste ‘’ Poutine Medvedev’’ mais à la manière Azizienne, qu’il trouve d’ailleurs pas mal comme option, dès lors où elle est de nature à rehausser son image sur le plan national et international.
En effet, malgré le plébiscite de la masse populaire pour un troisième mandat anticonstitutionnel dont la majorité des députés ont signé le mémorandum y relatif, Aziz a opté au respect de la constitution, espérant attirer l’attention de la communauté internationale son profil de premier président à partir au bon moment et à assurer la tenue d’élections présidentielles libres, transparentes et démocratiques.
Aziz était donc passionné par l’idée d’être aux yeux du monde, le premier président a assuré volontairement une alternance pacifique au pouvoir dans son pays contrairement à d’autres Etats de la sous-région.

Mais lui fallait-il trouver les mécanismes appropriés et permettant de mettre le scénario de sa sortie du palais tout en sauvegardant son image de l’irremplaçable président et en continuant à perpétuer son influence au sein de la sphère de l’Etat afin de garantir un retour aux affaires de l’Etat en filigrane.
Et puisque le dauphin n’était pas loin, mais il fallait d’abord trouver le parrain garant de ces arrangements.

Parrainage de royalties de l’accord confidentiel

Ould Abdel Aziz et Ould Ghazaouni s’étaient rendus en 2017, à quelques petits intervalles près, simultanément en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis. Ce dernier a visité très précisément, le 16 février 2017, en compagnie du Chef d’état-major de l’armée de l’air, le Général de Brigade Mohamed ould Hreitany, qui est un proche de l’ex président et homme de confiance, on dit même que c’est lui qui enfonça en évidence le coup d’Etat contre feu SIDIOCA.
Et comme dit l’adage, qui se ressemblent, s’assemblent, les deux frères d’armes, ont toujours été soumis aux caprices des régimes d’Ibn Zayed et d’Ibn Salman, en particulier Mohamed Ould Ghazouani bien qu’il était toujours aux côtés de son ami, comme chef d’état-major de l’armée, puis ministre de la Défense, jusqu’à ce qu’il débarque dans l’arène politique, est un ami de l’Arabie saoudite et et particulièrement des Émirats arabes unis. De ce fait Ghazouani a également rencontré plus d’une fois le prince héritier d’Abou Dhabi, alors que les images diffusées de leur rencontre reflètent la relation intime entre les deux hommes,
Ainsi les EAU ne l’ont pas trouvé moins serviable et corvéable que l’ex président, Mohamed Ould Abdel Aziz, pour suivre le rythme de leurs projets dans la région. La question de sa succession était donc au sommet de leurs préoccupations et différentes rencontres dans ces deux puissances du Golfe arabique très influents dans les Etats du monde arabe en particulier des plus pauvres ou instables comme le Liban, Djibouti , le Yémen et évidement la Mauritanie, qui de surcroit est est aussi, un pays qui a une grande importance géostratégique pour les Emirats Arabes Unis, notamment en ce qui concerne ses efforts de pénétration en Afrique.
Alors ! les EAU ont-ils assuré qu’Ould Al-Ghazwani était conforme à leurs options politiques et diplomatiques et qu’il était le dirigeant qui satisfait parfaitement au profil qu’ils veulent pour le palais ocre et ont donc décidé de lui apporter garant soutien dans le cadre d’une éventuelle cohabitation politique type ‘’ Poutine Medvedev’’ à la façon Azizienne ?
C’est fort probable, puisque que le choix de Ould Abdelaziz de l’option ‘’ Poutine Medvedev’’ pour la Mauritanie est sortie du tiroir à Nouakchott, tout juste après le retour de Ould Abdelaziz des Émirats arabes Unis début 2019.
Ainsi le parrain garant des arrangements trouvés les alliances scellés, il ne reste plus qu’a préparer les élections et à accommoder une ‘’sortie de retour’’ conformément aux arrangements ‘’des amis’’.
La Démarche et le plan ‘’ Poutine Medvedev’’ à la façon Azizienne
Alors après avoir nommé son dauphin comme ministre de la défense Aziz passe a l’étape suivante a savoir prendre les commande du parti qu’il qu’il avait laissé, par exprès, sans président plus de 2 ans.

L’idée de créer une soit disant commission des réforme pour le parti et le tirer de l’amateurisme politique pour commencer à préparer u de ces pilier de son comeback à court terme au pouvoir, vint alors à Ould Abdel Aziz, qui envisageait également jouer toutes les pressions afin de conduire à la tenue d’élections munic

ipales et législatives, qui consacreraient le raz-de-marée de son camp sur la scène politique (parlement, région, conseil municipaux) et du coup s’assurer dans un premier temps, un contrôle législatif du pouvoir et placer ses hommes clés et sur lesquels il pouvait compter politiquent pour tout retour de situation en attendant de l’intensifier pour contraire le président Ghazouani à lâcher après avoir perdu la majorité.
Aziz comptait de son diabolique plan politique, organiser, dès son retour, le congrès du parti de l’Union Pour la République (UPR), visant à l’élire au poste de président du parti et par conséquent avoir sa majorité au parlement et au gouvernent de ce fait il entre aux affaires de l’Etat par la grande porte donc être dans les conditions de gérer à deux (avec Ghazouani) les affaires de l’Etat, autrement dit, une cohabitation politique, pour ne pas dire ‘’le fauteuil pour deux’’, s’imposait dès le premier mandat de Ould Ghazouani, avant même de clore sa première année aux commandes du pays.

Ghazouani et la stratégie maraboutique

Connaissant parfaitement la force de nuisance de son ex compagnon, le président Ould Ghazouani n’a pas voulu s’engager dans une confrontation qui risque de ressembler à celle que l’ex Chef d’Etat avait vécu avec feu Sidi Ould Cheikh Abdellah, sachant qu’il connait parfaitement le tempérament de son compagnon d’armes et ses intentions non inavouées.
Ghazouani décida alors de prendre son mal en conscience, de supportant autant que faire se peut, les excès et sauts d’humeur de Aziz, se mettant intelligemment à démanteler sans tambours ses réseaux d’influences, et même sa force de nuisance, à savoir le BASEP. A ce propos, le 28 novembre 2019 restera une prouesse en matière d’opération des services de renseignements militaire dans le pays). Sans avoir l’air de toucher directement, ni à ses proches, ni à ses intérêts, Ould Ghazaouni avait dirigé le gouvernail avec dextérité face au

– HH Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, HE Mohamed Ould Ghazouani, 

x grosses vagues.
Ce que voyant, Aziz qui a compris que le long terme n’est pas à son profit, décide d’accélérer le mouvement et de changer les tactiques.
Aziz n’a-t-il pas compris que toute chose à ses limites ?
Six mois après la bataille électorale, durant laquelle Ghazouani avait supporté une multitude de coups bas des proches de Aziz, ce dernier rentre au pays, avec pour objectif de reprendre le contrôle de ‘’sa majorité’’ politique, sur laquelle il avait misé et fait tous ses calculs pour son retour aux affaires de l’Etat conforment aux arrangements secrets.
Mais rapidement il est contrecarré, et confronté à la réalité à savoir le système politique est trop fragile en Mauritanie pour accepter deux leaders pour ne pas dire deux présidents. L’affaire tourne au fiasco. Toutes les manœuvres menées par l’ex Chef de l’Etat pour monter à bord du navire Ghazouani échouent et apparaissent comme autant de pitoyables maladresses. Mêmes les sorties médiatiques deviennent le parcours d’un combattant, lui qui avait ouvert les médias a toute sorte de critique, même à son encontre.
Des déboires après lesquelles, il a eu la conviction que ‘’les accords secrets’’ ou ‘’les arrangements des amis’’ ne sont plus du jour, et que son ami refuse la situation, d’ ‘’un fauteuil pour deux’’ qui planait à l’horizon de son premier mandat.

Aziz l’opposant unique

Ould Abdel Aziz opte alors pour une nouvelle stratégie celle de jouer le jeu de l’opposant pour mener à bien son bras de fer avec son ex dauphin.
En réalité, pour qu’Aziz soit accepté par l’opinion publique comme opposant crédible, il faudrait qu’il se présente comme victime des exactions du régime, et qu’il puisse justifier de manière convaincante, son animosité à l’égard de celui qui a été son dauphin. D’où la bataille pour la références du Parti, les conférences de presse, les débauchages en série des hommes de l’ancien Président. Et pour couronner le tout, il y a eu les ‘’fuites’’ de la cour des comptes.
Ce statut, d’opposant, Aziz s’y sent maniable vue l’absence de l’opposition sur le terrain déjà amadoué par le pouvoir avec une situation dégradante sur le plan socio-économique et des libertés presque confisquées, le tout dans un contexte caractérisé par une pandémie très mal gérée par le gouvernement.
Aziz se bat pour s’afficher comme l’unique opposant du pouvoir dans un Etat où les voix s’élèvent partout pour décrier la flambée des prix, les mesures improvisées (augmentation des indemnités des parlementaires et des conseillers et chargé de mission à la présidence).
Aziz s’efforce de montrer par ailleurs qu’il est victime d’une machination venant d’un système politique dictatorial et incapable de gérer le pays.
Il se replie sur une position défensive toute en cherchant un cadre politique permettant un mouvement et une mobilisation de masse.

L’imbroglio juridique

Ainsi après deux ans le Président Ghazouani, ‘’le marabout’’, semble définitivement installé dans son Fauteuil a lui seul : il gouverne, et décide, en apparence, à ne plus supporter le comportement de son « ami » et de ses proches.
Alors c’est la justice qui doit faire son travail et, apparemment ça se fait selon les propos de Maître Taleb Khyar, dans une anomalie de procédure pénale à travers laquelle 313 individus sont poursuivis, alors qu’une seule personnalité fait l’objet d’une mesure de détention préventive, considérant que l’ancien président de la République «est victime d’une discrimination procédurale».
Pour le dossier et selon ses avocats, ils n’auraient eu accès, qu’à 500 des quelque 5 000 pages
Mes Mohameden Ould Ichidou et Taleb Khiyar Ould Mohamed Maouloud, dénoncent les conditions de détention de leur client et disent que toutes les demandes de de liberté provisoire ont été rejetées respectivement par la Chambre d’instruction de la Cour d’appel et par la Cour suprême.
Le Français Me David Rajjou, a déposé quant à lui une plainte devant les Nations unies pour, entre autres, « détention arbitraire »
En tout cas il faut le dire dans cette affaire, nous sommes devant un imbroglio juridique qui ressemble aux règlements des comptes politiques des année aziliennes

La guerre reportée

A vrai dire Ould Ghazouani avait laissé, dans le cadre du dossier judiciaire de son ami Ould Abdel Aziz, le temps aux temps afin de ne pas aller à la confrontation permettant ainsi une issue favorable aux intérêts communs des deux anciens frères d’armes.
Ainsi Aziz s’occupe à gérer son cas devant les tribunaux au moment où Ghazouani se vaque tranquillement aux affaires de l’Etat, de sorte que rien ne perturbe le cours normal des choses, surtout le fonctionnement politique très sensible de l’appareil Etat.
Mais quand Ould Abdelaziz a commencé à dévoiler certains dossiers gênants, encore présents sur le bureau du Président, tel que celui de de Tasiast, Ghazouani, très au fin de son ami, s’assura sans coup férir sur le jeu malsain joué par Aziz, se mettant ipso facto à la préparation d’une riposte à laquelle son adversaire ne s’attendait point.
Trop bavard sur tout et très avare sur ces chefs d’accusations, Ould Abdel Aziz a continué à se barricader derrière l’article 93 de la constitution relative à sa présumée immunité en sa qualité d’ex Chef de l’Etat, refusant en permanence de répondre aux questions ou de signer quoi que ce soit”, disent ses avocats, qui soutiennent que pour des faits commis pendant qu’il était Chef de l’Etat, seule la Haute cour de justice peut le poursuivre.

Jouer le tout pour éviter de pourrir le dossier

C’est à partir d’ici qu’on comprend que dans cette guerre des ‘’amis’’, le pouvoir en place trouve apparemment de l’intérêt à perdurer ce dilemme, du moins constitutionnellement, dès lors où une affaire relative à la mauvaise lecture ou interprétation d’un art

icle de la loi fondamentale reste du domaine du conseil constitutionnel.
C’est d’autant vrai, si l’on sait qu’en réalité, tout pays qui se dit un Etat de droit soucieux du respect de sa constitution et des droit de l’homme, devrait demander l’avis du conseil constitutionnel relatif a l’article 93 par rapport à l’actuel statut de l’ex président et ne pas limiter cette consultation nécessaire et légale à sa propre « jurisprudence » à vision sectaire et politisée.
Deux autres facteurs non institutionnels cette fois, laissent aussi comprendre pourquoi on a tenu dans ce dossier à éclipser le conseil constitutionnel : Son Président M. Bathia Mamadou Diallo juriste spécialiste, nommé par Aziz fin 2018 pour un mandat de 9 ans, est considéré comme étant non seulement un fidèle de l’ex président mais aussi une personnalité d’une honnêteté exemplaire.
Donc pour le pouvoir, le risque de voir le dossier judiciaire de Ould Abdel Aziz contesté par le conseil constitutionnel n’est pas permis.
Alors de ce fait, même si le président Mohamed Ould Ghazouani affirme sur France 24 “ne pas avoir trahi” son prédécesseur, le doute plane sur ses intentions en refusant d’associer un organe suprême et habilité opérant sous sa gouverne.

Aziz se résout à assurer sa défense

En détention depuis le 22 juin, Aziz passe ses journées à prendre des notes pour préparer sa défense, disent ses avocats. Ceux qui le connaissent affirment qu’il ne peut pas s’avouer vaincu. Ce n’est pas sa culture. D’ailleurs ses filles ont écrit aux Nations Unie pour soulever son cas. Jusque-là on est encore dans les préliminaires d’une bataille rangée entre Aziz et son successeur, qui prendra sa vitesse de croisière le jour du procès de Ould Abdel Aziz, conviennent des observateurs.
Une guerre fratricide qui profile à l’horizon et qui risque d’ébranler la stabilité du pays et dont il faut tout faire pour éviter le déclenchement à fragmentation selon les proches du pouvoir.
Des motifs qui permettent de comprendre le refus objecté à Aziz de bénéficier aussi bien de la liberté provisoire et de l’ouverture de son dossier, de crainte que la montagne n’accouche d’une souris.
A travers cette mesure aux desseins inavoués, le pouvoir fait passer sous silence le dossier de l’ancien Chef de l’Etat, dans une volonté de le pourrir et de le banaliser aux yeux de l’opinion nationale et international, trainant le Procès de l’histoire des Chefs d’Etat mauritaniens report en report, au point qu’il ait réussi aujourd’hui à entamer le moral de fer de Ould Abdel Aziz.
En effet ce dernier, a adressé récemment à la surprise générale et contre toute attente une lettre contre-nature sous forme d’une série de question à Ghazouani, dans laquelle, il lui reconnait pour la première fois le statut de Président, lui disant à plusieurs reprises « Monsieur le Président ».

President Mohamed Ould Abdel Aziz president Mohamed Ould Cheikh El Ghazaouni

Une qui cache un homme puissant démoralisé, qui se rend après l’échec de tous les efforts déployés pour tenir et ne pas céder à ses illusions de président momentanément éclipsé du palais pour préparer son grand retour.
Ce qui promet encore un rabaissement plus imprévisible de l’ex Chef de l’Etat, c’est aussi cette volonté des actuelles autorités du sérail d’accorder la priorité à d’autres questions que l’épineux et intrus dossier d’Aziz, en refusant une vraie confrontation.
Le décor et donc bien planté, celui auquel on assiste depuis le début de ce qu’on est en droit d’appeler la persistance du pouvoir à obstruer toutes les voies capables de déverrouiller le dossier de l’ancien président, dont l’issue au rythme où il fonctionne actuellement, montre bel et bien qu’elle sera du ressort des futures présidentielles mauritaniennes de 2024.
A ce moment, le président investi au terme de ses élections pourra, qu’il soit Ghazouani grâce à une reconduction pour un second et dernier mandat quinquennal ou un autre haut gradé ayant récemment démissionné, ou encore un civil technocrate ou autre, ouvrir alors cette « coquille vide » qui avait réussi à mettre en suspens tout un pays depuis 2020.
Toutefois, une mise en liberté précoce même conditionnée de l’ex président Ould Abdel Aziz dans le cadre de son actuel dossier de de la décennie, par un président autre que son compagnon d’armes, peut même si elle est inéluctable sous un second mandat de Ghazouani, prendre encore du temps, et au pire des cas et toujours plausible une décennie d’emprisonnement.
MN

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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