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Mauritanie: Guéguerre Biram et Ghazouani par main interposée de Ould Houerthi, qui sortira vainqueur?

Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani avait affiché dés les premiers mois de son mandat quinquennal à la tête de la République en aout 2019, une volonté d’apaisement sans précédent de la scène politique.

L’homme d’Etat qu’il était avait même manifesté une disposition inédite d’un dirigeant installé sur perchoir, au dialogue, qui a surpris plus d’un opposant, au point de convier successivement au palais présidentiel tous les leaders politiques, même ceux qui avaient été jetés derrière les verrous par son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz, plus particulièrement, le député Biram Ould Dah Ould Abeid.

Sortant du palais ocre, ce dernier avait publiquement reconnu à l’homme ses grandes valeurs de modestie, d’ouverture, de dialogue et d’apaisement de l’arène politique, demeurée volcanique tout le long de la fameuse décennie 2009-2019.
Mais cette rupture avec les régimes d’antan, en matière de rapports courtois et détendus entre le pouvoir et l’opposition, allait se révéler par la suite à deux vitesses, surtout après la suspension inattendue du dialogue politique et le renoncement non officiel du régime à cette option, pour plutôt chercher à s’entendre avec tous les protagonistes politiques sur autre une feuille de route commune de gestion concertée des affaires de la République, plus particulièrement sur l’organisation des prochaines élections législatives, régionales et municipales.

C’’est sans doute au stade de ce revirement spectaculaire du pouvoir, que le Président Ghazoauni aurait instruit son ex Dircab, devenu le premier Policier du pays, à barrer à tout prix et par des voies de diplomatie et de discrétion politique, la route menant vers le palais à l’opposant qui constituera le plus sérieux obstacle à son projet de rempiler à l’occasion d’un second mandat.
C’est d’autant vrai, qu’étant impopulaire en raison de boycotts répétés, de lassitude et de vieillissement de ses leaders, l’opposition radicale qui trouvait dans l’apaisement une justification pour jeter les armes de guerre, ne présentait aucun danger pour un second mandat.

Ce qui n’est pas du tout le cas pour l’opposant populaire Biram Ould Dah Ould Abeid et les partis négro-mauritaniens, qui avaient réalisé des scores honorables au cours des présidentielles et dont

les côtes de popularité n’ont cessé de grimper partout, particulièrement dans la valléé du fleuve Sénégal.
La bête noire à abattre était donc pour le régime de Ghazouani, le député Biram Ould Dah Ould Abeid qui nourrit fermement l’ambition de diriger la Mauritanie à partir de 2024.

Chose qu’il a d’ailleurs publiquement déclaré au cours de sa récente tournée dans l’Assaba et son discours semble indisposer considérablement le pouvoir, à telle degré qu’il urge de s’infiltrer dans ce cyclone politique en puissance afin d’identifier ses sources et de s’y attaquer avant qu’il ne soit trop tard.
Autant dire pour le régime, que la priorité number ONE était de faire échouer ce projet « biramiste » de plus en plus exprimé en public, surtout que bon nombre de partis d’opposition, ne manquera pas d’apporter discrètement son soutien à cette entreprise de sabotage de l’IRA et des deux CVE.

C’est d’autant vrai que le pouvoir sert non seulement dans ces manœuvres politiciennes ses propres intérêts en faisant du parlementaire un objectif à anéantir, mais également ceux des opposants dont la réputation a volé en éclats avec l’émergence du discours de l’IRA et de son leader Ould Dah.

Et comme dans un jeu de gagnant-gagnant, les opposants se sont prêtés sans poser des conditions, comme c’est d’habitude, au jeu du pouvoir.

La preuve irréfutable de ce mariage de raison n’est-elle pas la signature ce mois dernier du document final relatif à l’organisation des élections de 2023 ? .
Un accord sur le papier dont l’application sur le terrain reste toutefois difficile, en raison du nombre élevé de partis impliqués dans l’accord et dont les intérêts antagoniste ne sont pas souvent seuls du peuple, mais plutôt ceux de communautés, de groupes et de régions.
Toujours est-il que le député Biram a encore du temps pour murir sa stratégie électorale de riposte, en perspective de son fort probable plébiscite en 2024 aux commandes de la Mauritanie, où son acte I sera incontestablement, de rectifier le système de A à Z.
Autant s’interroger, dans cette guéguerre entre Biram et Ghazouani par main interposée de Ould Houerthi, qui sortira vainqueur.

Seul l’avenir nous le dira, mais il est certain que d’ici là, les dégâts de part et d’autre seront énormes et pourrait au pire des cas constituer des vecteurs de déstabilisation de la Mauritanie dans un environnement où l’Occident et les pays de la sous-région scrutent les points faibles des Etats pour ajuster leur politique extérieure et avoir leur part du gâteau
MN

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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