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MAURITANIE : Arise-Mauritanie SA / entre Controverse et don; Un ” Win-lose” à qui profite le crime Economique

«Arise-Mauritanie SA » mystérieuse société,  véritable  bombe à retardement dont la minuterie a peut-être été déclenchée par une enquête parlementaire en cours,   vient de faire un don de matériel médical à certains pays africains dont la Mauritanie  : Masques, gants, gels alcoolisés, kit de prise de températures, caméras thermiques .
Deux avions gros porteurs ont livré 7 millions de masques de protection, 50 respirateurs, 143 000 combinaisons de protection, 500 000 paires de gants, 10 000 thermo flashs médicaux, 25 caméras thermiques et 115.000 litres de gel désinfectant au Bénin, au Togo, en Côte d’Ivoire et en Mauritanie.

Opération de charme, démonstration de force où opération de séduction. Pour le Bénin, le Togo et la Cote d’Ivoire peut être tout à la dois. Ce qui n’est peut-être pas le cas pour notre pays. En ce qui concerne la Mauritanie cette opération est-elle une expression de solidarité avec les pouvoirs publics ? Une anguille sous roche ou une tentative de diversion ? Ce qui est évident c’est que ce geste de « bienfaisance » intervient aussi bien au bon qu’au mauvais. Au bon moment où le pays en a besoin et au mauvais moment où l’Assemblée Nationale poursuit une enquête parlementaire sur le dossier du contrat très controversé qui a cédé la concession du terminal à conteneurs du port de Nouakchott pour une période de 30 ans à cette société créée pour les besoins de la cause et les circonstances.

En exécution du contrat, le fonds Meridian et un groupe Singapourien associés effectuent en ce moment des travaux d’extension du port de Nouakchott. Un projet estimé à plus de 310 millions de dollars dont les travaux doivent en principe s’achever avant la fin de 2021 et permettront de construire un nouveau terminal à conteneurs capable d’accueillir deux navires de classe Panamax. Le nouveau terminal sera doté d’une aire de stockage de 25.000 m2. C’est le fruit du premier partenariat public-privé (PPP) en Mauritanie et selon son étude de faisabilité il permettra il permettra de concurrencer les ports commerciaux d’Abidjan et  Dakar.

Derrière l’entité « Arise Mauritanie SA » se trouve OLAM,. Olam est une société Singapourienne spécialisé dans le courtage et le négoce des denrées alimentaires. Il n’ya pas longtemps, le groupe singapourien s’était vu infliger une amende de 3 millions de dollars par la Commodité Future Trading Commission (CFTC) américaine pour transaction anticoncurrentielle sur le marché du Cacao au Etats-Unis. Le groupe et sa filiale avaient traité un contrat dans des conditions qui contournaient la loi. Le groupe condamné a payé sans protester reconnaissant les faits qui lui sont reprochés.

Par le contrat Arise Mauritanie SA exploitera la concession portuaire du terminal durant une période de trente ans, c’est à dire jusqu’en 2050. Le marché de la construction du terminal n’a pas fait l’objet d’appel d’offre et sa cession de grès-à-grès a été validée par  la signature de 7 ministres en exercice dans le gouvernement à l’époque. Depuis le début de cette affaire, toutes les procédures engagées ont tranché avec la transparence. Sa création, sa dénomination, son cadre juridique. Cette opération bénie par le pouvoir en place de l’époque a engagé notre pays dans une des affaires du bradage du bien public les plus rocambolesques et les plus graves.

Le poumon de notre économie a été cédé à une surexploitation abusive à une société qui sert d’écran de fumée à une activité illicite. On en droit de se poser la question de savoir qui est derrière le montage de cette affaire qui fait perdre au pays des intérêts énormes sur une période aussi longue. En tous cas même si aucune réponse ne peut être donnée pour le moment à ces questions, une chose reste sure c’est que cette opération a été commanditée à très haut niveau de l’Etat. Elle ne peut donc avoir été décidée que par le premier responsable de ce pays qui a validé son montage quelques temps seulement avant l’investiture du nouveau président. Il y’a de fortes chances qu’on soit en présence du scandale du siècle de l’histoire économique de notre pays. Ce n’est pas la première fois que l’affaire fait parler d’elle. Par le passé elle a été évoquée longtemps dans les salons de Nouakchott, avant de chuter pour un débat houleux dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, et plus tard d’être portée sur la liste des projets soumis à une enquête parlementaire. Elle est considérée par certains comme un scandale économique et financier monté sur fond de corruption.

Le diable avocat du diable.

Pour vanter et justifier   le choix du partenaire -inconnu dans les milieux de la gestion des terminaux portuaires ou pétroliers- mais tristement célèbre dans l’Agroalimentaire, le Ministre de l’économie et des finances de l’époque Ould Diaye avait soutenu que le projet allait créer une opportunité de 500 emplois et générer un investissement de 390 millions de dollars. Également à cette occasion et sur sa page Facebook, l’ancien ministre des finances, celui que certains décrivent comme le « virus financier des transactions douteuses, opaques et teintées de fonds de corruption sur lequel jusqu’à ce jour aucun vaccin n’a fait d’effet »,  Ould Diaye « un responsable repenti» reconverti en minier avait coloré les retombées du projet sur l’économie du pays. Ce que Ould Diaye vantait à l’époque peut se traduire par cette amère réalité. Que, jusqu’en 2050 « Arise-Mauritanie SA » société très « anonyme » mais à « acronyme » montée  par une équation à multiples inconnues va, à partir du premier jour de la mise en exloitation du terminal  verser à la Mauritanie 50 dollars pour chaque conteneur de 40 pieds, 75 dollars pour chaque conteneur de 70 pieds et 2 misérables dollars pour chaque mètre cube de carburant qui transite par le terminal. Le gouvernement de l’époque qui avait fait signer le contrat par un collectif de ministres dont  certains n’ont rien à voir avec le profil de cette sulfureuse affaire sur le plan compétences, avait affirmé que pour les 30 ans d’exploitation de ce terminal la Mauritanie gagnerait un revenu global de près de 550 millions de dollars. Ce qui signifie  en calculs élémentaires près de 1.527.000 dollars par mois soit donc seulement   près 12 millions de dollars par an.

Il est bien évident que le gouvernement mauritanien en octroyant ce marché de gré-à-grès avec ce que certains considèrent comme société maquillée -pour taire un nom- a mis le pays et ses générations futures devant un fait accompli en bradant le terminal –poumon de notre économie- pour une modique somme. Ce qui rappelle les contours de l’accord octroyé aux chinois pour le pélagique. Arise-Mauritanie-Sa cette société qui porte un label qui ne tardera pas longtemps à s’« autocoller » à quelqu’un, va finir en scandale qui va éclabousser des ministres de l’ancien régime pour haute trahison. Surtout que certains d’entre eux sont des « récidivistes » en liberté provisoire. Le Cargo, bourré de consommables et matériels médicaux dont le pays peut être n’aura peut être plus besoin, -ce qu’on souhaite- est une contribution volontaire. Certains surpris par ce geste qui intervient en période de procédure, assimilent le don  à de « pots de thé » offert par cette société créée de toutes pièces dans la précipitation et la maladresse administrative et juridique. Ces mauvaises langues pensent que la société cherche par un moyen intelligent à alléger les charges qui pèsent sur elle par la  pression des enquêteurs de l’Assemblée Nationale qui ont fourré le nez dans une affaire qui a été ficelée sur des dessous de table qui vont entrainer des pertes considérables pour le pays.

Axe Singapour, Nouakchott et Abuja….

Rien n’explique donc justement les raisons pour lesquelles le gouvernement par ces temps de procédure d’enquête a accepté cette aide qui va verser dans une polémique qui ne cessera pas de  faire couler encore beaucoup d’encre. Arise Mauritanie SA, confondue avec un groupe singapourien Olam  a été créée peu avant le départ de l’ancien président du pourvoir par une acrobatie juridico-administrative  qui donne du vertige On retrouve dans le montage du consortium le nom d’un officier  Français qui a travaillé comme attaché militaire au Ghana entre 2009 et 20011 et également le nom d’un très proche de la famille de l’ancien président, un nom  qui retentit en échos dans d’autres affaires opaques. Arise Mauritanie SA a obtenu son enregistrement au registre du commerce pour sa reconnaissance officielle en 24 heures sous une autre dénomination. Cinq jours plus tard, la société a changé de nom pour devenir « Arise Mauritanie SA ». Ces zigzagues juridiques ont   sans doute été soigneusement dessinés pour faire évaporer la trace de la société dans des procédures de transactions qui la protègent de risques  de poursuites des gendarmes qu’ils soient ceux du monde ou ceux  d’ici. En tous cas pour la signature du contrat très controversé  les Ministres de l’époque Dia Moctar,  Ould Loudaa,  Ould Abdel Dayime, Ould Chrougha, Abdel  Fetah, Mint Momma et le « passe-par toutes opérations opaques » Moctar Ould Diaye qui donne l’impression d’être invulnérable et vénéré ont chacun apposé sa signature. Ce qui est sure c’est que quand la petite mauritanienne née tout à l’heure  au Centre Mère et Enfant de Nouakchott aura 30 ans, en 2050,  le terminal à conteneurs de la « contreverse » sera restitué à la Mauritanie. A cette date ceux qui ont bradé les intérêts du pays en paraphant le contrat auront un âge limite pour répondre de leurs actes devant la loi.

il faut dire que c’est un ” Win-lose” qui profite au crime économique transnational.

Affaire a suivre….

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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