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Gabon-Economie-Agriculture:Alexis Ndouna met le cap vers l’industrialisation de l’agriculture

imageLe Président-Directeur Général de Nao Group Holding Company, Alexis Ndouna, et son équipe se sont donnés comme vocation le développement agricole. Discret, alerte et désireux de concilier agriculture et industrialisation, il va drainer l’épargne de la Coopérative agricole deKayié (Coopak) vers des investissements productifs, la réalisation de petits projets collectifs au niveau des villages du sud-est du Gabon. L’exemple du canton Kayié, au cœur de Kabaga-Bayi, est édifiant.

Question : La  Coopak a fait sienne la dimension sociale et l’argument pour soutenir l’économie sociale  via une activité solidaire ?

Alexis  Ndouna : En effet,  nous avons la ferme  volonté de mobiliser les agriculteurs du canton  Kayié et de  proposer des produits qui soient à la  fois  locaux, biologiques, durables et de qualité afin de répondre à  une demande croissante des  consommateurs. La dimension sociale se  joue  également  sur le plan du maintien ou du développement de l’emploi. C’est l’une des  conditions de  réussite du projet. L’autosuffisance alimentaire représente un défi pour le Gabon et devrait constituer, si elle aboutissait, un pas important pour circonscrire la politique agricole d’un pays toujours dépendant du pétrole.

Présentez-nous votre  Coopérative

La Coopérative agricole  de Kayié  est une  initiative que  nous avons initiée pour sédentariser les  populations dans  un premier  temps et ensuite pour leur donner  la possibilité d’avoir un revenu. L’activité agricole existait déjà mais de  façon artisanale.  Le  Groupe Nao a  apporté l’encadrement, le  conseil et de  petits moyens financiers pour permettre à la Coopak d’atteindre certains de ses  objectifs.

Que cultivez-vous ?

Nous cultivons du café, du cacao qui furent les  premières activités de la  coopérative. Il  y a un an,  la coopérative avait  pris la  décision de  cultiver du manioc pour répondre à un  besoin du marché. Il  nous a  fallu nous adapter pour réussir le pari  qui mènerait  vers  l’autosuffisance alimentaire sur le  plan  national pour  ne pas  laisser le pays dépendre des  importations  massives et incontrôlées des pays voisins   qui  couvrent  pour environ 80% des besoins alimentaires de  nos compatriotes.

 Comment allez-vous accompagner vos ambitions ?

Le  marché alimentaire  au Gabon est  très  dynamique…et de plus en plus exigeant. Notre ambition  s’inscrit dans  une volonté de  développer une industrie locale et de qualité. Le besoin est là. Pour la  campagne agricole de l’année 2012,  nous avions pu cultiver 1000 hectares de manioc et  pour la campagne 2013  qui  vient de  débuter, nous  voudrions atteindre 5000  hectares de manioc planté.  . Et  en  dehors du manioc,  nous nous sommes  lancés dans  la culture de l’igname et espérons planter d’ici mars  2014 l’équivalent de 3000  hectares. En  dehors du café et du cacao, de l’igname, du manioc,  nous développons également un verger très varié composé de manguiers, d’orangers, d’atangatiers, etc. Une variété  d’arbres fruitiers qui  produit  tardivement par  rapport  au  cycle  de  maturité du manioc.

La  Coopak en  chiffres ?

En termes de  chiffres et de perspective, la  Coopak a  bien  fonctionné en 2012 pendant 6 mois avec l’équivalent de 200 personnes. Au regard des objectifs affichés pour la campagne actuelle,  nous allons  créer entre 500 et 600 nouveaux  emplois car nous allons entrer  dans  la phase  d’industrialisation. En effet,  nous avons commandé  du Japon une usine de  transformation qui  nous permettra de  disposer de produits dérivés du manioc, essentiellement de la  farine de  manioc, entre autres  dérivés. Trois  composantes rythment  nos activités ;  La plantation axée sur la récolte et le planting. Il  nous  faut récolter le  manioc planté l’année dernière et qui est arrivé à maturité. Mais  également prévoir une seconde équipe de travailleurs chargée de  planter sur de  nouveaux espaces labourés. La deuxième  composante est l’usine où est traité le manioc pour le  débarrasser  du cyanure. Un  traitement  préalable de la pâte de  manioc  est nécessaire après  passage  au four. La  troisième  composante est la production. L’usine produira l’équivalent de  500 sacs de  25 kilos de farine de manioc.

Les  objectifs  pour 2014 ?

Nous devons  répondre aux besoins du marché local avec  une maîtrise sur les prix. En d’autres  termes,  nous voudrions accéder à la  chaîne de production pour  ramener le prix du  sac de  manioc à un  niveau  raisonnable et  compétitif.   Le prix du sac de 25 kilos de manioc est actuellement  de 20 000 francs  CFA à Libreville et à Franceville ( il peut atteindre  24  000 F  CFA en  période de  pénurie) et notre objectif est de  le  ramener à 15 000  F  CFA.  Nous avons déjà  eu des contacts  avec  des centrales  d’achat  de la  République  démocratique du Congo (RDC), du Congo Brazzaville et de l’Angola qui souhaiteraient se  procurer du manioc de laCoopak. Le  moment  venu,  l’exportation suivra.

La  Coopak a  besoin de l’appui des partenaires et des  bailleurs de  fonds  pour  parfaire son industrialisation et  donc son expansion

Nous avons  besoins d’expertise et de  moyens  financiers  conséquents pour pérenniser  nos activités et opter pour une mécanisation globale. Il  nous  faudrait par conséquent beaucoup d’investissements au regard de l’étendue des surfaces  exploitées. Comme toute entreprise de  notre  dimension,  nous sommes  confrontés à des  difficultés qui limitent  notre expansion.  Pour mener à  bien les  initiatives de  la Coopak,  nous souhaiterions  créer les  meilleures  conditions pour que les bailleurs de  fonds prennent en compte les  spécificités  propres à  notre coopérative. Lorsque nous analysons les  chiffres de la  balance commerciale  dans la sous-région, le  Gabon est déficitaire, c’est-à-dire dépendant de l’extérieur pour ses  besoins alimentaires. Aujourd’hui,  notre  combat est de contribuer à réduire cette dépendance  vis-à-vis des pays voisins.

Quelle quantité d’engrais  utilisez-vous sur l’étendue de  vos  exploitations ?

Nous n’utilisons pas  d’engrais. Nous fabriquons du compost à partir de  feuilles mortes pour enrichir nos  sols,  notamment pour la culture du café et du cacao. Pour les plants  de  manioc,  après le passage du  tracteur, les  boutures sont  mises directement en terre. C’est  une  technique à la fois  traditionnelle et biologique.

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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